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L’Unique n° 7 (janvier/février 1946)
avoir dire : j’ai tort
Article mis en ligne le 14 octobre 2007

par Clovys
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Dans la vie sociale où
évolue notre propre existence, il y a, en effet, des
acceptations dégradantes, des reniements successifs et lâches,
de causes diverses. (M. Imbart, « L’Unique »
n°4, octobre 1945.
)

Savoir dire Non !
est une chose ; le pouvoir exprimer en n’importe quelles
circonstances, en est une autre.

La société
dispose de tels moyens de contraindre l’individu le plus fort, le
plus en-dehors de sa pourriture collective, à entrer
et à rentrer, s’il a eu un instant les moyens ou l’audace de
s’en échapper
dans son troupeau d’émasculés, qu’il faut, à ces
nobles réfractaires, à ces valeureux rebelles, des
possibilités de plus en plus difficiles à réunir.

S’il ne s’agit que de
faire le vide devant les urnes à l’occasion de défilés
de foules fanatisées à la poursuite d’une idéologie
qui recèle, en sa charte, la négation de tout esprit
critique ; pour la réception et l’acclamation d’un
conducteur, tyran et profiteur du troupeau humain, les hommes de
notre espèce ne manquent pas d’agir par abstention.

Mais au cours de sa vie
de forçat, l’homme d’esprit libre est, il faut le reconnaître,
asservi par les nécessités impérieuses de sa
conservation et soumis aux obligations imposées par les
exploiteurs et les dominateurs, et fatalement conduit à des
contradictions outrageantes pour sa droiture et sa morale élevée.
Il faut donc remplir certaines conditions d’indépendance
matérielle pour se réaliser pleinement, aussi bien dans
ce domaine de le résistance à l’opportunisme
sociétariste, que dans beaucoup d’autres.

Sur un autre terrain, il
est une action constante qui n’entraîne pas les mêmes
conséquences et dans l’exercice de laquelle se manifeste
l’homme simple et loyal, qui consiste à savoir ne pas
toujours avoir raison.

Il faut avoir beaucoup
réfléchi ; procéder sans cesse à un
examen de conscience, à une analyse en profondeur et en
étendue, pour se dire et le proclamer : j’ai tort.

Il est nécessaire
d’avoir modelé, assoupli sa raison, pour reconnaître une
erreur et s’attacher à ne point la renouveler dans son essence
ou dans ses modalités. Il faut savoir dire : Non à
l’orgueil, pourrisseur au même titre que l’or, des plus nobles
sentiments et qui en empêche le développement harmonieux
indispensable à l’équilibre du couple, du clan, du
groupe, de la société.

Cette affirmation de
l’être vraiment sain est cependant trop peu courante, et cette
carence de la loyauté envers soi-même et envers autrui
crée bien des malaises évitables, des inimitiés
durables, enfin une véritable crise de confiance entre amis,
dans la vie commune.

Combien de petits drames
domestiques, d’irritabilités réciproques, sont la
conséquence de l’entêtement, qui est alors de la
mauvaise foi, dans une erreur cependant intérieurement
reconnue ?

Passe encore chez « les
autres », mais « chez nous » cette
faiblesse est inadmissible et intolérable. Il faut en finir,
chacun pour notre compte, avec ces petitesses : ne plus les
abriter sous le manteau de l’Idéal.

Pour vivre intensément,
nous avons beaucoup à détruire ; arrachons en
nous, inlassablement ce qui est mauvais.

Sur le plan moral.
destruction vaut édification

Clovys


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