Témoins n°24 (septembre 1960)
Novembre
Article mis en ligne le 27 janvier 2008

par Samson (Jean-Paul)
Temps d’amour frileux est Novembre,
De la lumière qui s’éteint,
Du vain mirage, à s’y méprendre,
De l’été de la Saint-Martin.
Mais gardant au front ce mensonge
Il en fait votre vérité.
Dans la brume grandit un songe
Encor bien plus beau que l’été.
Tout s’apprête à mourir. C’est l’ambre
Des chrysanthèmes, la Toussaint…
Le feu qui brûle dans la chambre
Rallume les soleils éteints.
 
Cinquante-cinq ans, mon ami.
Au lendemain ne dois remettre
Plus rien, avant les pissenlits,
De tout ce qui réclame d’être
Encore, et depuis si longtemps.
Ou bien es-tu déjà si sage
Que de savoir — c’est de ton âge ! —
Qu’à le perdre on gagne son temps ?