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Les Temps Nouveaux n°1 (15 juillet 1919)
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Article mis en ligne le 17 décembre 2007
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Nous
voulons reprendre la publication des Temps Nouveaux. Nous
éprouvons le besoin d’avoir un organe à nous pour la
propagande qui correspond à nos idées, d’avoir un
journal indépendant qui ne soit inféodé ni à
un parti, ni même à une classe, où notre action
ne soit pas compromise par des politiciens ou des mercantis (il y a
des périodiques « révolutionnaires »
dans ce cas), où nous ne risquions pas d’être envahis
par des individus tarés ou suspects, par des vaniteux sans
vergogne et sans connaissances sérieuses, par des fanatiques
ou des détraqués.

D’autre
part, nous avons à défendre et à propager des
idées qui peuvent ne pas plaire à d’autres, même
anarchistes. C’est pourquoi nous faisons appel à ceux qui ont
à peu près nos tendances et nos aspirations, le même
goût pour la recherche de la vérité et le même
désintéressement.

Ce
qui caractérise, en effet, et ce qui a toujours caractérisé
Les Temps Nouveaux, c’est d’avoir réuni autour d’eux
des personnes sans ambition personnelle, sans vanité à
flatter, sans appétits à satisfaire. Et peut-être
cette caractéristique explique-t-elle la haine que nous ont
vouée quelques fripouilles.

Nous
n’agissons que par idéalisme. Nous n’avons ni esprit de corps,
ni esprit de classe, ni aucun esprit particulariste. Nous désirons
l’émancipation de l’humanité tout entière ;
et c’est le sentiment de justice qui nous révolte contre toute
oppression et tout parasitisme.

Notre
idéal est à la fois social et moral. Nous ne séparons
pas la liberté des individus de leur bien-être matériel.
Ainsi nous sommes conduits à envisager, comme avenir de
l’humanité, l’organisation du communisme, c’est-à-dire
d’associations, mais d’associations libres et diverses, réunies
librement en fédérations multiples. Notre préoccupation
du bien-être moral nous conduit à la lutte contre
l’autorité, contre l’État et ses différentes
formes, y compris le socialisme d’État (conséquence
logique du socialisme parlementaire).

C’est
donc surtout le point de vue moral qui nous distingue des socialistes
de parti et des syndicalistes purs. Nous nous révolterions
contre l’établissement de la royauté, même parée
de réformes économiques, parce que le régime
royaliste impose un respect avilissant et implique une éducation
servile. Nous avons, dans la guerre, pris parti pour la défense,
contre le militarisme allemand, car nous comprenions que le triomphe
de l’autocratie prussienne eût entraîné un
formidable recul dans l’évolution des libertés
humaines. Nous n’avons jamais espéré que de cette
guerre dût découler ni l’abdication de la bourgeoisie,
ni même des avantages économiques, pas plus qu’au moment
de l’affaire Dreyfus nous n’escomptions de résultats matériels
et pratiques d’une action d’ordre moral. Et dans un cas commet dans
l’autre, nous recommencerions la même propagande.

Pour
les mêmes raisons, mais non pour celles que donne la presse
bien pensante, nous n’avons pas d’admiration pour le bolchevisme,
sans détester moins les partis de réaction qui veulent
sa disparition. Nous nous expliquons que beaucoup de révolutionnaires
aient, de loin, idéalisé ce gouvernement comme un
symbole ; nous comprenons que les ouvriers usent malicieusement
du mot lui-même comme épouvantail pour horrifier les
bourgeois. Mais, à notre point de vue, le bolchevisme n’est
qu’un socialisme d’État, très autoritaire, fortement
centralisé et vivant grâce à la violence. Or, il
n’est pas dans notre programme de faire le bonheur du peuple par en
haut et malgré lui. Nous ne croyons pas au bon tyran. Nous ne
sommes pas soutenus par la foi en un évangile infaillible
qu’il faut appliquer coûte que coûte. Nos aspirations
viennent des aspirations de la foule et non d’un dogme a priori.
Si nous pensons que les révolutions ne sont jamais faites que
par une minorité et faites sans doute avec violences contre la
tyrannie des privilégiés et des parasites, encore
faut-il qu’elles soient favorisées par le consentement de la
masse, non par un consentement passif, par soumission, mais par des
aspirations concordantes vers un idéal commun ; l’action
de la minorité ne doit avoir pour but que de donner libre
épanouissement aux nouvelles formes sociales en voie
d’organisation ; sinon c’est la dictature avec toutes ses
conséquences, y compris la réaction.

Pour
que la révolution que nous espérons ne soit pas
accaparée par quelques ambitieux ou, ce qui revient au même,
par les chefs d’un parti, tenons-nous prêts et organisons dès
maintenant notre propagande.

Les Temps nouveaux


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