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Noir & Rouge n°1, mars 1956
La lutte contre la guerre
Article mis en ligne le 3 février 2007
dernière modification le 8 février 2007

par Arvidsson (Evert)
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 Au cas où la Suède serait attaquée par une puissance totalitaire, les syndicalistes libertaires seraient disposés à participer dans le combat, déclara il y a quelques jours un collaborateur de l’organe socialiste Morgentidningen à Stockholm après une conférence de presse organisée par notre quotidien. « Mais on n’a point expliqué jusqu’à quel point on est prêt à aller pour la préparation de la défense », ajouta l’organe socialiste et déclare qu’on espère une réponse à cette question de la part de Dagstidningen Arbetaren l’Organe de la SAC syndicaliste libertaire. Nous tâcherons de donner une réponse. Il peut toujours être utile de discuter la position de la SAC vis-à-vis des problèmes de la défense militaire.

 L’activité de la SAC pour la cause de la paix est aussi vieille que l’Organisation elle-même. Probablement, il n’y a aucun mouvement dans notre pays qui, proportionnellement, a fait un si grand travail pour la paix et la fraternisation internationale que la SAC. Cet intérêt continue d’exister dans le même degré. La base actuelle pour la lutte de la SAC en faveur de la paix est donnée par la déclaration de principes votée en 1952. Dans celle-ci il est constaté que le mouvement lutte pour un ordre de droit international fédéraliste qui supprime le nationalisme et rend le militarisme superflu. Il y est dit en outre que la SAC considère la lutte contre le militarisme et la guerre comme une des taches culturelles les plus importantes, et il est aussi souligné que les syndicalistes membres de la SAC sont partisans d’actions communes des mouvements populaires libres contre la guerre.

 Dans la résolution de tactique acceptée par le congrès de 1953, qui définit et interprète le contenu de la Déclaration de principes dans ce point, que la SAC fait appel à la solidarité populaire partout où il est possible de la mobiliser pour assurer la paix entre les peuples par moyen de négociations. Au cas où cela ne réussit pas, la SAC recommande l’action. directe contre, la guerre. Cela veut dire que la SAC, au cas où le peuple dans le pays qui représente la menace de guerre puisse faire la même chose, tâchera d’empêcher la guerre par le sabotage de la mobilisation, la grève générale contre le propre Gouvernement, etc.

 Voilà l’attitude connue de la SAC qui a toujours été la même. Nous sommes prêts à l’appliquer sous les conditions qui la font possible. Au cas où la situation est tout à fait différente, la tactique de la SAC change aussi. En effet, la situation a changé radicalement depuis l’apparition du totalitarisme moderne, du despotisme nouveau de notre temps. Nous citons la résolution de tactique :

 « La différence entre la situation sociale de la démocratie et de la dictature est tellement grande qu’elle acquiert une importance décisive pour le syndicalisme libertaire. Le despotisme de l’État liquide tous les mouvements populaires libres et détruit, par cela, les bases de la lutte du syndicalisme libertaire pour la paix (c’est-à-dire la lutte pacifiste dans ses formes traditionnelles). Dans la mesure où une activité pour la paix est réalisée sous la dictature elle sera l’oeuvre de l’État lui-même. Mais la défense de la démocratie comme institution est la condition de base non seulement pour la lutte pacifiste du syndicalisme libertaire, mais aussi pour toute activité de notre mouvement. Voilà pourquoi le syndicalisme libertaire prend sans hésiter le parti de la démocratie s’il s’agit de la lutte contre la dictature dans toutes ses formes. »

 Voilà l’attitude de la SAC qui est tout à fait d’accord avec sa position dans toutes les autres questions. Le syndicalisme de la SAC n’a jamais été pacifiste dans un sens superficiel ; mais un mouvement de lutte. Sa lutte se dirige contre toute forme d’injustice, de violence et d’oppression. Nous avons démontré cela dans la pratique. Les syndicalistes et anarchistes se sont toujours trouvés dans les premiers rangs de la défense contre tout pouvoir d’oppression, fut-ce de la violence capitaliste de vieux style, du bolchevisme ou du fascisme. Il suffit de se souvenir des initiatives des syndicalistes, et des anarchistes espagnols, de leurs importantes interventions dans la lutte contre l’agression du fascisme espagnol et des fascismes allemands et italiens. Du sang a coulé beaucoup de vies ont été sacrifiées.

 Mais il faut observer bien l’idée de la défense acceptée par le syndicalisme libertaire. Nous ne lutterons jamais pour « la patrie », pour un territoire déterminé. Il s’agit pour nous des systèmes sociaux sans prendre en considération des frontières nationales. Le syndicalisme libertaire défend des libertés là où il y en a et il se dirige contre l’oppression d’où qu’elle vienne. « Cela vaut aussi au cas », pour citer encore une fois la résolution. de tactique « où le despotisme d’État envahit le pays pour écraser toute forme de liberté au sens du syndicalisme libertaire ».

 Voilà quelque chose d’essentiel pour nous. Le syndicalisme libertaire ne veut pas combattre des forces oppressives qui puissent apparaître au sein du pays, mais rester passif quand il s’agit d’une oppression qui vienne d’en dehors. Voilà l’origine de la résolution de tactique de la SAC. Puisque la SAC ne désirait jamais jouer le rôle d’un « Qvisling » elle était obligée d’éclaircir ces idées pour trouver une position qui était acceptable devant la nouvelle situation. Déjà en 1938, confrontée avec la menace de l’hitlérisme, la SAC constata qu’une nouvelle situation exigeait une nouvelle tactique et en 1953, la résolution de tactique que nous venons d’expliquer fut votée par le congrès national du mouvement avec 64 contre 8.

Article d’Evert Arvidsson dans Dagstidningen Arbetaren, légèrement abrégé.
P.S. :

Voir la réponse de Christian Lagant à cet article dans le numéro 2


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