La Presse Anarchiste
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La Lanterne Noire N°11 (juillet 1978)
La situation sociale en France
Article mis en ligne le 13 octobre 2007

par Zemliak (Martin)
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Notre intérêt semble plus porter sur l’Espagne que sur la France, alors qu’en fait nous y cherchons des réponses aux problèmes qui se posent ici. Mais, il est certain que nous manquons de recul par rapport au quotidien et c’est pourquoi nous allons commencer une sorte de réflexion sur la situation sociale depuis fin 1977 pour tenter de tracer des lignes de force et nous orienter en conséquence, et dans les prochains numéros nous passerons en revue les mois écoulés.

Pour cette première ébauche, nous nous sommes servis de Front Libertaire, mais nous comptons, par la suite, utiliser toute la presse, pour sérier les articles décrivant la situation sociale ou des conflits professionnels.

La première constatation est qu’il y a eu une union « divine » entre la gauche et la droite pour geler les conflits, non seulement jusqu’aux élections mais après, et pratiquement jusqu’à maintenant où des débrayages chez Renault ont lieu. On peut même ajouter que plus qu’un gel et un frein, la gauche a même réprimé les travailleurs trop revendicatifs témoin la CFDT, expulsant fin septembre 77 une partie de la section tri-PTT de Lyon gare, puis le 9 janvier 78 l’expulsion des 1 200 adhérents CFDT de la BNP formant 40% des membres du syndicat de banque parisien CFDT.

Deuxième constatation, il y a eu ― et il y a ― une foule de petits conflits de longue durée dans des petites boîtes, mais aussi à General Motors, Michelin Clermont, qui ont été cloisonnés, désamorcés par les syndicats. La presse bourgeoise a de plus parlé des problèmes du textile, de l’acier et la concurrence des bas-prix du Japon, de l’Espagne, etc.

Troisième constatation, il y a de fait un front unique entre le patronat de gauche et de droite, et les syndicats pour sacrifier les travailleurs « sur l’autel des intérêts supérieurs de la nation ».

Quatrième et dernière constatation : l’attitude des camarades est particulièrement floue vis-à-vis des syndicats. Front Libertaire en est un exemple valable pour tous les anarchistes : en février 78 (n° 78, p. 7) un article des travailleurs de Saint-Nazaire propose à l’occasion de la grève d’un jour de l’EDF une série de suggestions pratiques : grève consistant à assurer la gratuité des services pour les usagers, demande de salaire égalitaire, etc. « C’est la riposte que peuvent proposer et mettre en application les organisations syndicales si elles sont solidaires de l’action menée par les travailleurs de l’EDF… »

À côté de cela, en avril 78 (n° 89, p. 4) on lit entre autres, sous la signature d’autonomes de Peugeot Sochaux des appréciations sur les syndicats, comme « de la CFDT à la CGT en passant par les gauchos, c’est la même merde ; plus il y a des classifications, plus il y a des mécontents et plus ça sert la raison d’être des syndicats, d’une part, et d’autre part la direction. Les syndicats ne sont que l’une des composantes du système merdique que l’on appelle « démocratie ». »

On voit que les anti-syndicats se réunissent et se coordonnent : collectifs des expulsés CFDT de la BNP sur Paris, collectif PTT. Cette tendance, si elle continue, peut amener à une remise en cause profonde des syndicats dans la pratique des travailleurs.

Il reste qu’un débat est nécessaire sur le syndicalisme : le déborder pour le détruire, comme rouage du capitalisme, toujours et partout ou bien lui redonner une orientation révolutionnaire qu’il aurait perdue (!!).

M.Z.


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