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Iztok n°2 (septembre 1980)
Sur la société Yougoslave
Article mis en ligne le 26 septembre 2007

par Brz Broz
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La Yougoslavie,
quand tu commences à en parler, il y a ceux qui y sont allés
en vacances et pour qui cela évoque la Slibovitch, alcool
répandu et efficace, pour un public plus cultivé style
Nouvel Obs c’est Dubrovnik la perle de l’Adriatique, enfin pour les
militants le pays de l’autogestion gratifié de leur soutien
critique. À cela s’ajoute maintenant l’après Tito et le
problème des nationalismes : passions aussi soudaines que
ponctuelles. Seulement voilà en dehors de ça il y a
quand même des millions de Yougoslaves qui vivent et certains
finissent par être agacés de ces clichés auxquels
on réduit leur réalité.

Ces quelques lignes
voudraient mentionner d’autres points et qui, de l’avis de
celles/ceux qui les ont rédigées, soulèvent à
leur tour des questions non négligeables.

Avant tout il est
utile, au risque d’en passer par un brin de didactisme, de repérer
les différents groupes existants, préalable à la
compréhension des luttes en œuvre dans cette société.

La bureaucratie
politique dirigeante (8 500 professionnels) constitue un groupe
social particulier par son idéologie, son style de vie avec
privilèges institutionnalisés.

Les grands
entrepreneurs privés employant plus de 5 salariés sont
peu nombreux : quelques centaines ; ils traitent des
grandes affaires directement ou pour le compte de secteur socialisé.
Profitant des trous, des lacunes du système de droit et des
faiblesses structurelles dans l’organisation de la production ils
évoluent à la limite de la légalité et
sont extrêmement loyaux politiquement, leur puissance repose
sur l’argent.

Les intermédiaires
commerciaux : courtiers, agents immobiliers usuriers,
trafiquants de devises (des milliers, mais difficilement recensables)
sont le complément des précédents à un
échelon plus modeste.

Les
rentiers intellectuels ont fait leur apparition récemment
lorsque le tourisme des congrès, réunions, séminaires
et les universités décentralisées se sont
développés. En constant accroissement (plus de 3 000
actuellement) ce sont les professeurs de politique qui mènent
5 chaires simultanément et préparent leurs cours dans
les avions. Les autorités postulant que le système
yougoslave original doit produire/est le fruit d’une théorie
spécifique, ces épiciers de faculté en profitent
pour vendre leur logorrhée obéissante.

Les commerçants
et les hommes d’affaire indépendants forment un groupe
socialement hétérogène. Les intérêts
divergent en son sein selon des critères sectoriels et
territoriaux ; ces 160 000 patrons de petite industrie ou artisans,
ces 3 500 propriétaires d’hôtels, commerces, services
publics sont objets d’envie dans leur quartier car leurs profits sont
visibles mais dénués d’influence au-delà et
limités par le contrôle étroit et les taxes
auxquelles ils sont soumis.

La
classe ouvrière marginale est, elle aussi, diversifiée ;
on peut y inclure une centaine de milliers de travailleurs employés
légalement dans le secteur privé, environ 40 000 chez
des paysans riches, entre 50 et 100 000 domestiques, femmes de
ménage. La rigidité du système autogestionnaire
ne permet pas de satisfaire une demande de travail mobile et cela a
fait augmenter très fortement le salaire à la journée ;
les travailleurs qui louent leurs bras de cette façon essaient
de compenser (de même que les émigrés, 700 000
principalement en RFA) leur privation de droits sociaux-politiques
par un bien-être économique souvent sans succès
vu la précarité de leur situation.

Dans
la classe ouvrière autogestionnaire également, les
composantes sont bien différentes. Il y a les saboteurs
(fuser) qui dépassent les 300 000 ; de plus en plus il
s’agit d’un agglomérat à part et homogène usant
largement des congés maladie, du travail privé à
l’intérieur d’une organisation sociale en détournant
les outils de production. Il s’y ajoute les 50 000 ouvriers qui se
partagent entre l’usine et leur lopin de terre : ils ne peuvent
utiliser les règles du jeu autogestionnaire en raison de leur
inadéquation culturelle et leurs préoccupations se
concentrent logiquement sur l’économique. Enfin, il y a la
classe ouvrière autogestionnaire au sens étroit :
3 millions de travailleurs qualifiés, hautement qualifiés,
techniciens, ingénieurs : leur progression dans l’échelle
sociale passe par le système des délégués,
autant dire qu’ils s’investissent largement dans l’autogestion et
ceci d’autant plus que leur capital intellectuel est élevé.

Les fonctionnaires
(près de 600 000) se divisent en : administratifs dans la
production qui ont un revenu comparable à celui des ouvriers
se trouvant dans la même organisation parce que dépendant
des résultats de celle-ci et employés du tertiaire qui
ont, eux, un salaire non seulement garanti et fixe mais supérieur
en valeur, les plus avantagés étant ceux exerçant
dans la sphère politique. La dilution du pouvoir, le
redoublement des règles aboutissent souvent à ce qu’un
rond-de-cuir se trouve en position d’utiliser une institution comme
sa propriété privée. De ce point de vue cette
dernière catégorie est aussi la mieux placée.

Enfin,
origine de toutes les autres : la classe paysanne qui se meurt
par le changement de la structure de l’habitat, l’exode rural massif
de la génération dernière (puisque
l’industrialisation, c’est l’après 2e guerre
mondiale). Celui-ci continue étant donné qu’en 1976,
par exemple, le niveau de revenu moyen d’un travailleur paysan était
inférieur de 70 % à celui d’un travailleur non paysan.

Il
faut mentionner à côté le socio-culturel :
rock, jazz, théâtre, littérature, arts
plastiques… Si les gens qui en vivent ne sont pas très
nombreux (autour de 50 000), c’est un pôle d’attraction pour la
partie de la jeunesse en révolte, étudiante et/ou
désoeuvrée. Comme rien ne peut se faire sans
l’appartenance à une organisation le ral’bol devant ce système
englobant et l’impuissance provoquent une dépolitisation
massive réponse à la politisation forcée. De
plus les contraintes matérielles limitent cruellement la
possibilité d’une vie différente de celle réglée
par les normes dominantes : pas d’accession au logement sans 5
ans de travail dans la même institution, etc. Cela entretient
une dépendance vis à vis de la famille en particulier
(qui parfois verse dans une abdication mortifère) et
l’isolement pousse à se réunir dans des « lieux-nids »
où à défaut de faire quelque chose puisque
chacun se sent bloqué dans ses aspirations on se conforte en
étant ensemble, espaces précaires susceptibles de
fermeture sous le moindre prétexte policier.

Peut-être
cette typologie [1], aussi rapide
soit-elle, permet d’entrevoir les oppositions qui se jouent sous le
voile de l’autogestion.

— O —

Le
système yougoslave conçu pour être un système
technocratique d’autogestion est en train de perdre le
fonctionnalisme qui est sa raison d’être. Cette tendance
cherche à être enrayée par un moment de
réactivation idéologique et de pragmatisme politique
paradoxal.

En effet, les
principes éthico-idéologiques constituant en partie des
règles réelles, en partie des obligations morales des
normes sociales, ne s’étendent pas uniformément à
toutes les catégories de citoyens. Les gouvernants qui
conçoivent, impulsent, édictent ces principes n’y sont
pas astreints. Comme les postes stratégiques de décision
politique ont été attribués il y a quelques
années, que le pouvoir est très concentré entre
peu de mains par le cumul des fonctions, la rotation entre les même
cadres au détriment du renouvellement cette classe
s’autonomise Ces deux traits complémentaires concourent à
accentuer la non prise en compte et la non compréhension des
problèmes par cette classe. Confrontée aux difficultés
économiques actuellement existantes, elle s’oriente vers
l’empirisme et le coup par coup faisant apparaître une
contradiction entre l’option socialiste, à laquelle adhère
la grande majorité de la population et les mesures pour la
réaliser qui s’en éloignent. Toute institution étatique
mais aussi toute organisation même si elle bénéficie
de l’indépendance ce qui est le cas des unités de
production, reproduit les méthodes en vigueur au sein de la
direction du parti. C’est donc la source de nombreuses transgressions
dans la gestion bien que la nomination à un poste de manager
passe par un certificat de probité morale et politique (MPP/
moralna-politicka pobodnost).

Particulièrement
depuis trois ans, l’affirmation répétitive des
principes en quantité et en qualité avec le recours à
une terminologie originale masque la lecture du réel par
l’abondance des dispositions qui cantonnent trop souvent la
discussion à un niveau complexe mais formel. Il est nécessaire
d’en passer par un décodage systématique pour
déterminer des centres effectifs de pouvoir et de se servir de
la pratique comme analyseur du discours. On se contente ici de poser
quelques jalons dans cette direction.

Centres de pouvoir

A. Le système bancaire

Ce phénomène
est bien connu puisque l’indépendance de ce secteur était
déjà dénoncé par le mouvement de mai
1968. Depuis la loi de 1965 les banques décident de manière
autonome selon « la logique des affaires » du
financement des entreprises que ce soit investissement ou trésorerie.
Il s’agit d’une position de contrôle de l’économie
renforcée par le manque chronique de liquidités.

B. Les communautés autogestionnaires d’intérêt}}

Plus que sur les
organisations de base du travail associé les processus de
décision sont maintenant fondés sur les communautés
autogestionnaires d’intérêt (SIZ : Samoupravna
Interesna Zajednica) créées en 1971 par amendements à
la constitution et en pratique depuis 1974.

Ce sont des organes
de consultation réunissant les travailleurs d’un équipement
social (de sport, de culture, de santé…) avec les délégués
des entreprises et des communautés socio-politiques qui
assurent son financement. Dans ces SIZ s’effectuent donc les choix
d’affectation des ressources et c’est là que se construit la
politique sociale. Elles sont extrêmement nombreuses car
spécialisées suivant les sujets, le recours aux accords
sociaux se faisant pour des projets plus ambitieux qui réclament
une coordination entre unités de travail, SIZ, syndicats,
organisations socio-politiques.

Outre la présence
de représentants directs des organisations socio-politiques,
l’éligibilité à une SIZ passe par le certificat
de moralité mentionné ci-dessus. Parmi les travailleurs
devenant délégués les réactions
paraissent osciller entre un désintérêt
débouchant sur l’absentéisme quand ce travail non
rémunéré est conçu comme obligation
supplémentaire ou à l’inverse l’adoption d’un
conformisme militant quand cet accès est interprété
comme l’entrée dans le politique, domaine où le
conformisme est le garant de l’avancement donc du changement de
statut social.

En ce qui concerne
les unités territoriales, l’autogestion ne leur accorde pas la
même latitude qu’aux unités de production : elles
ne possèdent pas de fonds propres. Cela a une importance
limitée dans le cas des organisations de quartier (MZ :
Mesna Zajednidca) qui se contentent de régler les problèmes
courants comme l’attribution des logements mais cela prête plus
à conséquence pour les villages (allant jusqu’à
vingt mille habitants) qui se soumettent aux règles de
distribution décidées au niveau de la commune.

Aspect de la réalité des rapports sociaux

Seuls sont abordés
quelques exemples que l’on pense symptomatiques par leur logique
sous-jacente, les intérêts en jeu et leurs conséquences.

A. La réforme scolaire

Commencée
il y a quatre ans et mise graduellement en place en Croatie
 [2], elle est maintenant adoptée dans l’ensemble
de la Yougoslavie. Elle remplace l’enseignement général
traditionnel du secondaire (Gimnazija) par la création de
filières très spécialisées. Une fois
promulguée, elle a déclenchée de nombreuses
protestations aboutissant pratiquement à une campagne de
presse, ce qui est doublement intéressant d’abord parce que
c’est rare et ensuite parce que cela n’a été suivi
d’aucun effet correcteur concernant cette décision, à
l’évidence impopulaire. Là encore une phraséologie
révolutionnaire a été utilisée pour
déplacer l’accent de la réforme elle même sur la
situation de l’école telle qu’elle était précédemment,
la désignant comme héritage bourgeois dans la société
nouvelle. Mais l’intention de base de la reforme est de faire
coïncider l’éducation-formation avec les besoins de la
production par l’intermédiaire des intérêts
auto-gestionnaires (lire SIZ). Cette connection non directe mais
médiatisée par les SIZ vise à fournir de manière
volontariste des cadres et surtout des travailleurs manuels — qui
commencent à être globalement déficitaires — en
nombre suffisant par rapport au marché du travail. Toutefois
personne ne sait ce qu’il adviendra de la main d’œuvre employée
dans des secteurs dont le succès économique serait
remis en cause, la spécialisation très poussée
et précoce (plus de deux mille professions recensées)
empêchent une reconversion facile.

Dès la
deuxième année du secondaire, les élèves
subissent une grande pression pour le choix de certains profils,
seuls sont en mesure de choisir ceux ayant obtenu les meilleurs
résultats puisque des quotas de répartition entre les
différentes options doivent être respectés.
Unique compensation, des avantages incitatifs sont parfois consentis
pour des professions très peu prisées : en Istrie,
pour les garçons de café, les années d’étude
comptent pour l’ancienneté, plus des bourses, les livres
gratuits et les débouchés assurés…

La non consultation
des souhaits des premiers concernés est le plus gros problème,
y contribue également l’obligation d’aller dans l’école
de son quartier ou de sa commune. À quartier ouvrier école
technique, à quartier résidentiel filières
économiques ou diplomatiques, la reproduction des classes est
ainsi assurée par le simple principe territorial.

B. Organisation ouvrière

La nature des
relations entre groupes détenant le pouvoir, instruments de
réalisation de ce pouvoir et les assujettis à ce
pouvoir transparaît dans le fonctionnement du syndicat
unitaire.

L’appartenance
volontaire au syndicat est automatiquement enregistrée par la
cotisation. Il fait office de coopérative et n’est jamais
partie prenante d’un mouvement revendicatif, d’ailleurs il n’y a pas
en son sein de consultation au niveau de la branche ni entre
travailleurs affectés au même procès de
production, il est structuré comme toute autre institution en
échelons de fabrique, commune, république.

Pourtant de
nombreuses grèves spontanées (appelées
pudiquement arrêts de travail) éclatent dans les centres
urbains là où la combativité est la plus forte,
dans d’autres endroits le statut majoritaire d’ouvriers-paysans
s’avère être un frein. Ces grèves sont très
efficaces, en moyenne 15 % d’augmentation immédiate de
salaire. Cette augmentation est due au sentiment petit bourgeois de
« honte de la grève » présent
dans l’encadrement et spécialement au système réel
de responsabilité partagée par les managers. Le
traitement de la grève est celui d’une transgression
disciplinaire. La punition du directeur est la contrepartie de sa
culpabilité en tant que membre du parti et en tant que
gestionnaire. Pour qu’il l’évite l’action doit être
désamorcée le plus tôt possible avant que les
autorités supérieures n’en prennent ombrage.

Une commission
disciplinaire interroge les ouvriers dans le cas des grèves
les plus importantes (500 à 5 000 participants). Elle est
composée de fonctionnaires du parti, de membres du syndicat et
de policiers en civil et axe son investigation sur l’inévitable
recherche des meneurs, pour ensuite les isoler en les déplaçant.

Le système
autogestionnaire contribue à l’atomisation de la classe
ouvrière. De plus le recours généralisé
aux relations familiales aux connaissances personnelles pour trouver
un travail, bénéficier d’avantages non seulement
renforce les inégalités mais aussi diminue les chances
d’organisation collective au profit de recherches d’échappatoires
individuels. Il faut donc une insatisfaction lourde et partagée,
facteur de cohésion, pour qu’éclosent les grèves.

C. L’information}}

On est frappé
par l’apparente liberté des journaux à la lecture des
titres, impression qui se modifie quand on aborde le contenu des
articles : la dénonciation des erreurs passées
pour la glorification du présent y est trop répandue
quand la dimension anecdotique n’y est pas privilégiée.
Pas de censure pourtant excepté à la télévision
où les pressions sont plus directes vu son enjeu bien
supérieur, l’étouffement (total pour les grèves)
se réalise par l’auto-censure qu’accentue cette responsabilité
partagée encore présente dans les équipes de
journalistes autour de la personne du rédacteur en chef.

De même à
l’égard des livres et revues, l’éventuelle censure
n’intervient qu’à posteriori (après la parution les
ouvrages sont retirés de la vente), en fait le contrôle
de l’édition par limitation du tirage et fixation des prix est
plus courant.

— O —

L’acquis
incontestable de la société yougoslave réside
dans la démocratisation de la consommation mais cela se double
d’une monopolisation du pouvoir de décision et d’un blocage
par un encadrement moyen au comportement rigide, fortement
bureaucratisé.

Aucune allusion n’y
est faite à la lutte des classes en œuvre, au contraire
« dans une société autogestionnaire il n’y a
pas de lutte des classes à cause des rapports de production
différents » [3]. Ce sont des différences sociales qui
sont reconnues et vues sous l’angle unique des différences de
revenus (pas des différences d’accès au pouvoir).

Une
politique de prestige international très coûteuse (après
la réunion des pays non-alignés, l’organisation des
jeux méditerranéens et la réunion du FMI
 [4] ont
été assurées en attendant les Jeux Olympiques)
et assez habile pour s’avérer payante également à
l’intérieur (comme en atteste la libéralisation du
régime des passeports octroyée à l’issue des
discussions d’Helsinki où la Yougoslavie tenait à
adopter une position à la pointe de la démocratie,
cette mesure est à l’évidence très populaire au
sein de la jeunesse) se conjugue avec une systématisation du
contrôle de masse qui, elle, passe complètement
inaperçue.

Le balancement
continuel entre la « nécessité »
de faire fonctionner avec plus d’efficacité les mécanismes
de marché et la volonté de maintenir la centralisation
des leviers de commande au niveau de la direction de la LCY est la
raison principale du pragmatisme politique. Des solutions sont donc
testées, par exemple au niveau d’une république, et si
elles s’avèrent efficaces pour réguler l’économie
sans compromettre l’équilibre entre les deux axes prioritaires
elles sont alors généralisées. le passage à
ce second stage de leur application s’accompagne d’une forte pression
dans les médias et dans l’appareil du parti il s’agit
d’insister sur les arguments idéologiques qui les légitiment
à posteriori. Ce mécanisme de justification des
précédents a été clairement expliqué
par Peter Brückner [5] sur l’exemple de l’état
judiciaire allemand.

Jusqu’en
1975 une opposition de gauche se retrouva dans la mouvance du groupe
« Praxis » qui voulait assurer une fonction de
critique sociale en s’attaquant à la bureaucratie, à
l’inégalité au modèle occidental de la société
de consommation, à la répression culturelle. Depuis que
le pouvoir a choisi de la réduire au silence il n’existe plus
d’alternative organisée et pluraliste à l’information
officielle ; devant le manque de perspectives qu’offre le
système des recherches d’identité se font jour sur
d’autres plans.

Maintenant le
courant nationaliste et le courant « autogestionnaire »
seuls représentés sur la scène institutionnelle
sont les deux variantes de l’autosatisfaction qui se renforcent
mutuellement et se reconnaissent dans le même mot — idéogramme — NOTRE. Ainsi les problèmes à l’ordre du jour, venus
du sommet, sont traités à tour de rôle par toutes
les instances autogestionnaires (d’où l’expression populaire
de « bubble-gum » politique), la référence
à des problèmes autres est alors dénoncée
comme preuve des collusions avec l’étranger.

Brz Broz

Notes :

[1Empruntée largement à « Pitanja »,
revue de Zagreb, dont l’autorisation de tirage est très
limitée. On aura remarqué que ces données,
concernant la population active, oublient la police et l’armée,
impossible à chiffrer, secret d’état.

[2L’abrogation de « gimnazija » fut l’évènement
le plus important de l’année 1978 selon le ministre de la
culture, réponse à une question du magazine Oko,
janvier 1979.

[3Citation de Radojica Savkovic in
« Marksita Misao » (la pensée marxiste)
février 79.

[4Impliquant, ce n’est qu’un exemple, la construction de l’hôtel
intercontinental à Belgrade dont la révélation
partielle du coût à provoqué un scandale.

[5Peter Brückner, conférence
d’avril 1979 au Centre Culturel étudiant sz Belgrade. Il y
dénonçait avec pertinence des tendances auxquelles son
pays hôte n’échappe pas.


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