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Noir & Rouge n°6 (mars 1957)
Christo Botev
Article mis en ligne le 16 août 2007
dernière modification le 17 août 2007

par Botev (Christo)
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« Seule

une union raisonnable et fraternelle entre tous les peuples
supprimera leurs souffrances. »

Cet article est comme
tous les articles de Botev, une polémique. Nous en avons pris
la partie générale et seulement quelques exemples
particuliers, le reste est trop technique.

Nous aurons bientôt
l’occasion de nous arrêter davantage sur Christo Botev
lui-même, son œuvre, ses idées et sa personnalité.
Mais pour la compréhension de cet extrait, nous pensons
nécessaire ici de donner les détails suivants : en
1875, la Bulgarie était encore occupée par les Turcs
(elle a été libérée en 1878) et dans le
mouvement révolutionnaire, Botev représentait l’élément
le plus révolutionnaire et en même temps le plus social.
La Serbie était déjà un État
et son gouvernement avait commencé à participer dans le
jeu diplomatique international, et à montrer en même
temps des aspirations chauvines vis-à-vis des autres peuples
balkaniques. En séparant le gouvernement serbe de son peuple,
Botev répond ici à un article du journal « EST »
(Iztok).

O

Bucarest, 1er
mai 1875.

Seule une union
raisonnable et fraternelle entre tous les peuples supprimera leurs
souffrances, la misère, et les parasites du genre humain.
Seule, cette union peut apporter une vraie liberté, l’égalité,
la fraternité et le bonheur sur la terre.

Il n’y aura aucun jour
de joie pour l’homme, tant que les peuples continueront à être
divisés par les truquages de toutes sortes d’empires, de
constitutions et de républiques ; tant que ces peuples,
aveuglés par leur servilité envers les « représentants
de dieu », se traitent les uns les autres en ennemis. Les
gouvernements et les classes privilégiées de chaque
pays continueront à opprimer et à torturer les pauvres,
à vivre sur leur travail, à les tenir dans l’ignorance,
et à élever au carré et au cube les idioties
historiques. Enfin, ils enverront les peuples se battre les uns
contre les autres, tuer leurs frères ou se faire tuer par eux.
Il est clair que si les peuples pouvaient voir, une fois pour toutes,
d’où viennent leurs souffrances, ils comprendraient que leurs
seuls et uniques ennemis sont leurs
propres gouvernements et cette classe sociale de parasites

qui, pour entretenir leur vie néfaste et vaine, se sont soumis
corps et âme aux tyrans, et qui, sous la protection des
« lois », pratiquent le vol et le mensonge.

Tout gouvernement est
basé sur le vol, le mensonge et la violence
. « Divide
et impera » était la devise de cet empire
inoubliable qui est devenu l’idéal de tous les rois. « Divide
et impera » est la devise actuelle de tous les
gouvernements.

« Diviser et
gouverner ». Mais qui ? C’est là la question
essentielle. Ceux qui vivent à l’aise avec un estomac toujours
bien rempli ne peuvent ou ne veulent le comprendre. Il ne leur coûte
rien de diviser les peuples, de répartir leurs sujets, de
séparer un frère de son frère, un fils de son
père, un mari de sa femme : c’est ce qui leur permet de
rester les maîtres absolus de milliers de gens et de nager dans
leurs larmes et dans leur sang comme du fromage dans l’huile.

Et vraiment, existe-t-il
un seul État où
les forts n’oppriment pas les faibles, les riches les pauvres, les
gouvernements tout le monde ? Parcourez tous les méridiens
et les parallèles du globe, et vous ne trouverez pas une seule
exception à cette règle…

Ainsi, qu’a fait le
gouvernement roumain aux dernières élections du
parlement ? Il a employé des moyens d’une telle violence
contre le droit et la volonté du peuple, qu’on se demande si
les lois constitutionnelles ont un sens pour les riches et les forts
de ce monde… Les gourdins et les baïonnettes ont montré
que les obligations de la loi sont seulement destinées aux
esclaves, et nous avons pleinement raison de dire avec Proudhon
que chaque gouvernement est un complot, une conspiration contre la
liberté de l’humanité
. Mais laissons la Roumanie et
ses bêtises électorales et passons aux machinations de
ce gouvernement qui a l’insolence de se vanter de ses sympathies
envers notre peuple.

Chacun sait que d’une
entente raisonnable et de l’union entre les Serbes et les Bulgares,
peuples frères, dépend l’avenir de leur histoire ;
chacun sait que cette entente a été tentée à
plusieurs reprises et que presque toutes les conditions nécessaires
existent actuellement. Mais en même temps, chacun sait que sauf
une très petite partie d’esprits plus avancés, la
grande masse menée par les chefs officiels commence à
nourrir une haine secrète, malhonnête et nuisible d’un
peuple envers l’autre…

Le gouvernement serbe
actuel est semblable à tous les gouvernements de l’Europe, et,
avec ses traditions et ses tendances, il a déjà montré
qu’il nous sera d’aussi peu d’utilité qu’à son propre
peuple. Nous le savons, c’est pourquoi notre seul espoir d’union
confédérale avec la Serbie réside en ces Serbes
des journaux « Rab » (« Travail »)
et « Boudoutchnost » (« Avenir »)
qui sont persécutés par le gouvernement de Belgrade.

Nous pensons que leur
premier devoir envers leur peuple et l’humanité est de
répandre l’idée de l’union et l’entente des Slaves du
Sud qui, bien entendu, doivent se baser sur les principes de la
liberté des peuples, de la liberté individuelle et de
la liberté du travail. Ils devront raconter à leur
peuple que la liberté et l’union des Slaves du Sud est
possible et réalisable, à condition que chaque peuple
garde ses frontières ethnographiques et que chacun reste libre
dans sa propre maison…

C. Botev (« Le
Drapeau », nº 14 de mai 1875.)


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