La Presse Anarchiste
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La Lanterne Noire N°9 (décembre 1977)
La vie quotidienne des travailleurs en Bulgarie
Article mis en ligne le 3 juillet 2007

par Meraklia
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L’article qui suit est un témoignage qui se limite volontairement aux informations à l’intérieur de la Bulgarie. À l’Ouest, une série de faits sont connus, comme l’arrestation fin 1974, de sept anarchistes, dont Khristo Kolev Jordanov, âgé de 68 ans et qui totalise dix ans de prisons fascistes, neuf ans dans celles des communistes et qui est assigné à résidence dans un village depuis 1971.

D’un point de vue global, la Bulgarie est le plus fidèle satellite de l’URSS et il y aurait 20 000 personnes emprisonnées sur une population de 8 millions d’habitants, dont certains dans des cliniques psychiatriques (voir la brochure « la répression en Bulgarie » de Kiril Yanatchkov citée dans le Monde, 2-12-76).

Ce témoignage devrait être le point de départ d’une information non triomphaliste sur les pays de l’Est, et ceux dominés par un parti communiste en Amérique, Afrique et Asie.

― O ―

Les statistiques officielles étant faussées, les informations nationales pratiquement inexistantes, les informations des membres de la famille et des amis sujettes à déformation, la plupart de nos chiffres et donc de nos généralisations sont purement hypothétiques ― bien que reflétant une opinion courante ― et n’engagent que nous-mêmes, ce qui est du reste, la situation de tous ceux qui écrivent sur ce sujet.

Nous n’entreprendrons pas une mise au point économique et historique, et nous nous limiterons à la situation présente.

En République Populaire de Bulgarie, tout citoyen est travailleur, et est soumis au moule de l’émulation socialiste : « Le travail sous le socialisme est un travail libéré de l’exploitation ». « Tant que le travail n’est pas devenu un besoin naturel dans la plus grande masse des membres de la société, la tâche de l’état socialiste est d’organiser le travail social de façon à ce que celui qui travaille plus et mieux, reçoive une plus grande part de produit du travail social ». « L’égalitarisme des salaires est caractéristique de la conception petite-bourgeoise ». (Manuel d’économie politique obligatoire à l’université ; l’étude du parti communiste bulgare, du parti communiste russe de la langue russe, de la défense passive et de la gymnastique étant cinq matières obligatoires pour devenir médecin, agronome, chimiste, etc. ; traduction du manuel russe édité en 1954 traduit en bulgare en 1955, toujours utilisé, p. 553, 555, 559.)

Autrement dit, l’importance des salaires va dépendre de la fonction politique ou des amitiés politiques. Par conséquent la cooptation (entrée dans un groupe, si les premiers sont d’accord), les rapports de famille, les liens d’origines locales (particularismes régionaux), les rapports de différentes sortes (de la sexualité à la corruption), jouent un rôle aussi essentiel que dans les pays capitalistes, dont on nous donne une critique quotidienne, qui s’applique comme un gant à notre vécu. Mais vu que de toute évidence (films occidentaux, touristes capitalistes) le niveau de vie est meilleur à l’Ouest, ce dénigrement renforce, en définitive, la sympathie pour le capitalisme.

La grande majorité des travailleurs pensent que l’Allemagne Nazi est peut-être une invention de la propagande communiste, ou du moins, il est difficile de démêler le vrai du faux. C’est maintenant un grand pays : la preuve en est le grand nombre de machines que nous leur achetons, les « Mercédès » que nos grands communistes possèdent ou les « Opel », les « Ford » [1] et les travailleurs turcs [2] en Opel et Ford break qui passe en transit pendant leur congé payé.

D’autres pensent que si l’impérialisme nord-américain est brutal, après tout, la dénonciation d’un scandale a fait partir un président ce qui est impossible à l’Est. Même le franquisme se libéralise et laisse faire le PC, alors qu’ici c’est un grand camp de concentration, mieux quand même que les champs de bataille des impérialismes, le Vietnam, le Moyen-Orient, l’Afrique, où les populations sont des cobayes pour les nouvelles armes des USA et de l’URSS.

Le régime actuel n’est plus celui de la stalinisation, sans qu’on puisse pour autant parler de déstalinisation.

Le culte a été supprimé pour être remplacé par le culte de Todor Jivkov ― premier secrétaire du parti ― depuis avril 1956. Cette année pratiquement tous les bureaux importants étaient ornés d’un slogan « avril 1956 - avril 1976 ; vingt de progrès » et une photo de l’intéressé ! Évidemment tous les coupables des grands procès, c’est-à-dire ceux qui les ont provoqués, puisque les victimes ont été réhabilitées ! n’ont jamais été inquiétés. Disons que tout est permis, si cela ne met pas en cause le régime et ne relève pas de la délinquance (voir plus loin le dernier point).

L’intronisation de la nouvelle classe, de nouvelles couches privilégiées (nous avions avant les Turcs, puis l’Aristocratie) est officielle : « Institut de médecine para-universitaire n° 1 de Sofia pour la formation d’infirmiers et d’infirmières. Inscription des candidats pour l’année 1976/77. Conditions : a) certificat d’étude secondaire ; b) certificat de travail ; c) candidats ayant des PRIORITÉS (premdimstva) suivantes : les enfants de parents décédés pendant la lutte antifasciste et la guerre patriotique sont acceptés sans concours. Un certain pourcentage des places est réservé aux travailleurs de la production lourde et de l’agriculture ayant deux ans d’activité, aux enfants des « combattants actifs », aux mères avec des enfants de moins de trois ans, aux enfants de travailleurs du service de la Santé ayant plus de dix ans d’ancienneté ». (Vecherni Novini 24-7-1976).

Petit commentaire : la lutte antifasciste ayant duré de 1923 à 1944, la guerre patriotique de 1944 à 1945, s’agit-il d’enfants nés au plus tard en 1945 et ayant donc au moins 31 ans, pourrait se demander un observateur étranger ? Mais non, car le titre de « décédé pendant la lutte antifasciste et la guerre patriotique » est héréditaire (de même que celui de combattant actif). De même les « libérateurs » de la Tchécoslovaquie en 1968, c’est-à-dire les soldats bulgares envoyés là-bas, ont obtenu la libre entrée à l’université, sans concours. (Pour les études et ce que peuvent en tirer les travailleurs, voir plus loin.)

La supériorité du capitalisme est officialisée du fait que les communistes des hautes sphères ne vivent que dans des meubles, des objets occidentaux achetés soit sur place (magasins du Korekom, interdits au commun des mortels), soit en « mission » à l’étranger. La presse officielle, la presse satirique, Strachel, est pleine de caricatures à ce sujet, de même qu’en URSS. Un roman banal décrit cela dans la bouche d’un personnage : « Évidemment, il n’y a pas chez nous de patrons et de grands chefs d’entreprises, mais si nous voulons que nos affaires marchent bien et pas seulement dans le commerce, nous devons préparer nos cadres dans le même esprit de prévoyance et de sévères exigences, comme les capitalistes intelligents l’enseignent à leurs enfants ». « Selon lui le pays devrait être divisé en deux parties. La première ne serait que de Bulgares et s’appellerait la « Korekomia » ; la deuxième comprenant le littoral et les sites touristiques les plus importants et les plus lucratifs. Dans cette dernière ne pourraient entrer que les étrangers et les Bulgares munis d’un document déclarant qu’ils peuvent assurer leurs propres frais ». (Luben Stanev, « Pogled ot Jalma », Sofia, 1968, p. 145-147).

Dernier point avant d’aborder la condition des travailleurs, c’est l’absence totale d’opposition au sens occidental du terme. Pas de samizdat, pas de slogans peints illégalement, rien. Certes il peut y avoir des cas isolés ― voir en annexe ―, mais 99 % des travailleurs vivent sans autre information que celle du régime et dans la crainte de perdre le peu qu’ils ont acquis. Le PC pèse sur tous et sur tout.

Il en résulte une haine, une violence qui ne peut se libérer qu’envers notre famille, nos amis. L’agressivité, l’appât du gain en volant, en trompant amis, femme, familles sont constant, mais encore plus fort chez les moins de trente ans. Quelques exceptions morales apparaissent et viennent de milieux religieux minoritaires (adventistes, danovistes). Quant à la religion orthodoxe, elle marche totalement avec le régime.

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Les trois facteurs privilèges, domination du capitalisme, agressivité, sont les clefs de la vie courante. La constitution, le marxisme ne sont qu’une façade pour les étrangers, la propagande.

Inflation et société de consommation

Les salaires (voir plus loin) sont sensiblement identiques depuis une dizaine d’années, du moins pour les plus élevés. Deux facteurs ont fait baisser le pouvoir d’achat.

Le premier est la hausse du coût de la vie. Si nous prenons comme base 1969 et 1944, c’est important car 25=100 ! Eh oui ! En 1969, le régime avait 25 ans, et bien entendu en 25 ans le pays a évolué d’un siècle, d’où le slogan mathématique qui fleurissait sur tous les bâtiments.

La viande avec 200 g d’os ou de nerfs est passée de 2 à 4 leva (soit 50 % d’augmentation). La viande sans os est également vendue, sous un nom différent « chol » et coûte 5 leva environ. Quant aux différentes sortes de saucisses, saucissons, jambons ― quand il y en a ―, ils sont aussi très chers. Le poisson n’entre pas dans les habitudes alimentaires, sauf pour les gens vivant près de la mer ou du Danube, et les conserves sont rares et chères.

Les laitages ont aussi beaucoup augmenté et baissé en qualité : le pot de yaourt de 500 g est passé d’une dizaine de centimes à 30, 200 % de plus. Le lait vaut aussi 30 centimes. Les 2 fromages du pays ont augmenté dans les mêmes proportions que la viande, et la qualité est également inférieure, avec une série de catégories intermédiaires.

Les légumes sont stables. La plupart des prix sont identiques et tournent autour de 10 à 20 centimes. Mais ces derniers hivers on manquait de tout. Et sur les marchés libres ― svobo den pazar ― les « kolkhoziens » (on ne dit pas ce mot-là mais la réalité est la même) sont autorisés à vendre, les prix sont plutôt triples que doubles.

Quant aux fruits, ils manquent en été, ou ce sont des produits plus ou moins avariés. Cette année, jusqu’au début juillet, il n’y avait rien. L’explication est simple : les bons fruits sont expédiés prioritairement en URSS et dans certains pays fascistes, excusez-moi, l’habitude d’avant 1956, je veux dire capitalistes. Quant au reste, les kolkhoziens ne recevant pas de primes ils ne les cueillent pas. Bien entendu il est interdit de toucher à la propriété du peuple. Si bien que les fruits pourrissent souvent sur place. Mais, miracle du socialisme, tout s’arrange fin juin.

C’est en effet la fin des examens, et les scolaires sont réquisitionnés pour ramasser les fruits et les légumes. Nous bénissons la fin des cours, car traditionnellement il n’y a pas de légumes en hiver, et aussi nous, c’est à dire les femmes, bien sûr (voir plus loin) passons une partie de l’été à faire des conserves de fruits et de légumes.

Pourtant la Bulgarie est très agricole et possède des avantages naturels exceptionnels. La région de Pazardjik ― entre autres ― est renommée pour ses installations de serres alimentées en eau chaude naturelle, captée par une firme hollandaise. Et sous le tsarisme, il y avait assez de haricots pour nourrir non seulement la population, mais même les porcs. Du moins, les Bulgares qui vont à Moscou ou à Leningrad ont la consolation de voir que le beurre, le fromage « sirène », les légumes, les fruits, viennent soit de Bulgarie, soit de Géorgie, souvent même, miracle du système socialiste, à des prix inférieurs à ceux de Bulgarie. Si on ajoute qu’il semble que la Belgique et l’Allemagne de l’Ouest reçoivent aussi beaucoup de produits agricoles bulgares, on peut déduire que nous nous serrons la ceinture tout en alimentant une bonne partie de Moscou et de Leningrad, soit presque le double de notre population.

Le 2e facteur de hausse est la consommation. Il y a cinq ou six ans, nous étions tous sur le même plan : en manteau loden verdâtre, bleuâtre, grisâtre en hiver ; en chemise de nylon bulgare blanc-jaunâtre en été. Les vitrines se paraient pompeusement de quelques conserves et de grands slogans. Bref, on pouvait tranquillement sentir l’ail, avoir des chaussettes à trou, et porter des manches noirâtres et élimés.

Actuellement, si l’alimentation est rare, par contre les vitrines regorgent d’articles abracadabrants pour nous : savon « Lux » de France à 21 v. 50 (soit une demi-journée de travail) ; parfum Dior, aspirateur polonais ou d’Allemagne de l’Est ou d’URSS à 50 leva, mixeur à 20, des grilles pain, des transistors VEF, des magnétophones, des cassettes à 5 leva (une journée de salaire), des papiers peints occidentaux, des tissus occidentaux, des produits de bébé « Chicco », du whisky… donc, on ne peut plus avoir l’air pauvre… il faut consommer.

La conséquence normale est que les produits bulgares ― en particulier pour les chaussures et les vêtements ― sont bon marché, et bons à jeter au bout de 6 mois, tandis que les articles importés valent le double et plus, mais durent quelques années. La différence pour les chaussures est de 15 leva pour les Bulgares, 50 environ pour les étrangères.

La consommation canalise l’agressivité : il faut « écraser » les autres par la recherche vestimentaire, le luxe qu’on possède. En même temps, cela nous donne une petite compensation, une petite fierté personnelle. On est complètement aigri ; exploité par le système, mais on se paie une petite note de fantaisie personnelle.

Aussi pour les touristes occidentaux qui papillonnent brillamment vers telle ou telle place exotique d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique, nous devons sûrement apparaître comme bien banal.

Une des conséquences de la consommation est la « villamanie », car la propriété privée et l’héritage existent et connaissent même une vogue nouvelle dans la nouvelle classe. Et si en apparence, une loi interdit aux citoyens de posséder plus de deux résidences, ils sont nombreux ceux qui construisent pour les fils ou leurs petits-fils âgés de moins de dix ans. Comme quoi, cette loi ne gêne en rien nos capitalistes.

Quant aux logements du « bulgarus vulgarus », trois cas se présentent :

  1. logement familial, donc édifice vieux ; chaque réparation implique un minimum de 10 à 20 leva pour qu’un artisan vienne de lui-même (les services officiels sont soit inexistants, soit débordés) ;
  2. logement en location, prix officiel 15 lv. par personne, prix réel 30 ;
  3. logement neuf. De grands immeubles sont construits et vendus par appartements : d’une pièce (de 6000 à 7000 lv) à quatre pièces (de 12000 à 15000 lv), le prêt bancaire et le prêt par l’entreprise sont possibles.

Dans les trois cas, on peut estimer que le budget mensuel sera respectivement pour un couple de 15,60 lv. et un remboursement de 60 lv., à cela il faut ajouter le chauffage (sauf sur la côte, il peut geler jusqu’à moins 20/25) au charbon, au fuel (qui manque souvent) et à l’électricité, soit en moyenne de 5 à 15 lv. par mois pour l’année.

Quant aux dépenses d’ordre culturel et récréatif, à part le cinéma (0,30 lv.), ils sont élevés : 1,5/2 lv. pour un livre, 2,30 pour un disque 30 cm (soit à peu près 4h. de travail.) Pour la lecture beaucoup préfèrent acheter des ouvrages en russe ― pas de ville importante sans une ou deux librairies entièrement russes ― car ils sont en gros deux fois moins chers, et il y a un grand choix d’oeuvres non politiques. Du reste, pour nous récompenser de nos bons et loyaux services envers l’URSS, nous bénéficions d’un cours avantageux du rouble. Les Russes de passage en Bulgarie se précipitent pour acheter leurs propres éditions dont le tirage est insuffisant pour toute l’URSS et dont une partie va à l’étranger pour le prestige.

En récapitulant les différentes dépenses pour un couple sans enfant, on arrive à un budget mensuel de 80 lv pour la nourriture, de 15 à 60 pour le logement, en ajoutant de 5 à 15 de chauffage, ce qui nous donne jusqu’à maintenant un total entre 100 et 155 lv [3]. Si le couple a besoin d’une paire de chaussures pour chacun, une chemise, une robe, un pantalon, cela fait 200 lv. de frais. Donc on peut évaluer les dépenses diverses à un minimum de 20 lv. par mois. Le budget total se situe, par conséquent, entre 120 et 185 lv. par mois, la majorité des gens se trouvant dans le premier cas. Les impôts sont retirés des traitements chaque mois et tournent autour de 10 %, y compris la cotisation syndicale obligatoire, et la donation, non moins obligatoire, « volontaire » pour les dépenses de l’État, prolétarien, bien sûr.

Et les enfants ? Depuis 2 ou 3 ans, vu la baisse de la natalité, une loi a institué des allocations assez élevées ― une quinzaine de lv. par enfant ― et des avantages en congés et en protection de l’emploi pour la femme. Et les effets s’en font sentir, bien que l’aide soit encore insuffisante.

Les salaires

En théorie, la Bulgarie a réalisé le salaire unique puisque pratiquement de la vendeuse à la balayeuse (gitane, trop souvent), au médecin et à l’ingénieur : tout le monde touche 100 lv.

En fait, les bons ingénieurs touchent le double, un artiste du peuple 350 lv., sans parler des sportifs de niveau international et du personnel de l’Intérieur, plus de 200 lv. pour le simple agent de police pour à peu près 4 h. de travail par jour (chaussures et vêtements fournis) ; il semble que les membres des diverses polices et de l’armée doivent tourner autour de 350 000 personnes minimum, chiffre auquel il faut ajouter les techniciens dépendants des ministères de l’Intérieur, de la Sécurité (ministères à part entière), de l’Armée, soit au minimum 10 000 personnes.

En outre, les privilégiés reçoivent une pension en plus de leur activité professionnelle ou de leur retraite : 120 lv. comme « combattant actif », de 50 à 100 (?) comme « aide-combattant actif » (yatak) à différents degrés, et 50 lv. environ comme « héros du travail ». Ce dernier titre récompense les stakhanovistes, c’est-à-dire selon le vocabulaire actuel les travailleurs de choc, les premiers.

Tous ces individus bénéficient des privilèges déjà évoqués transmissibles pour leur progéniture. Leur nombre doit être légèrement inférieur au nombre officiel de membres du P.C. (il y a des communistes pauvres), 789 796 en mars 76. C’est-à-dire pour 8 millions d’habitants, 10 % environ, avec 41,4 % de « travailleurs » et 27,5 % de femmes [4] (chiffres de T. Jivkov, IXème congrès du P.C.B.). Le pourcentage de travailleurs est assez cocasse, quand on pense qu’officiellement tout le monde est travailleur, donc certains le sont moins que d’autres au niveau des pourcentages du Parti.

Ainsi le médecin se montre indifférent, voire évasif, lors de la consultation en clinique, mais le même (quel Bulgare n’en a pas fait l’expérience ? Même si cela paraît exagéré pour un Occidental) est empressé et aimable quand on va le voir à domicile, 3 ou 4 lv. dans ce cas. Officiellement cette pratique « particulière » est interdite depuis 1973 (cette année le contrôle est plus sévère) et les instruments volumineux ne peuvent plus exister en dehors des établissements d’État, mais dans la pratique, comment discerner la visite d’un voisin et la consultation clandestine d’un généraliste ?

La cherté de la médecine au niveau des médicaments ― mais les soins en clinique et les séjours en hôpitaux sont entièrement gratuits, ce qui serait parfait s’il n’y avait pas trop de malades à cause du manque de protection et pas assez d’hôpitaux de toute manière ―, par ex. au moins 6 lv. pour la tétracycline ; le nombre de malades pour chaque médecin ; le fait aussi que beaucoup de médecins formés à coups de piston dans le Parti font d’abord du fric et ensuite de la médecine ; le manque de médicaments efficaces ; tout cela fait que depuis des années, les guérisseurs de toute catégorie ― religieux, diaboliques, escrocs ― ont une clientèle attitrée. Et personne ne méprise vraiment les différents potins au sujet de tel médicament miracle non officiel.

Dans les autres professions, le vendeur de pyjamas, de clous, de n’importe quoi, garde les articles dont la production est déficitaire (et vu l’intelligence du Plan, cela concerne de 50 % à 80 % des articles) et les revend à son prix à son « clan ».

En effet, outre la division Membres du Parti / non membres, il y a la division riches et pauvres, communistes et le « clan ». Par ex. dans un village, un pâté de maison dans une ville : la hiérarchie normale est par ordre : le responsable ― secret ― de la Sécurité d’État, le responsable officiel du ministère de l’Intérieur, le responsable du Parti, le responsable du Front Patriotique ― adhésion obligatoire pour tous ―, puis vient le peuple. Or, comme tout manque dans certains domaines ― le bricolage est une activité inconnue au sens occidental du terme ; les pièces de rechange des appareils électroménagers sont presque inexistantes, etc. ― et que bien de produits sont très chers, il s’organise une bourse, une société parallèle de valeurs. La famille de l’émigré politique, au ban de la société normalement (les professions nobles ― études, responsabilité importante ― sont interdites aux membres de familles d’émigrés) acquiert parfois une certaine valeur en fournissant des produits occidentaux envoyés par l’émigré. Tel individu insignifiant est en réalité puissant parce que sa famille travaille dans une coopérative dans la région de Plovdiv et peut fournir des pêches telles qu’on en a pas vues à Sofia depuis des années. Un autre est de la même ville que tel responsable et la nostalgie commune les unit.

Les rapports entre voisins sont réglés déjà traditionnellement par le « aide-moi, je t’aiderai », et maintenant s’ajoute « passe moi ton piston, je te passerai le mien ». Pour obtenir la possibilité d’être soigné dans une clinique où les médecins sont bons, mais dont on ne dépend pas géographiquement, ou bien pour avoir un interrupteur de tel dimension, c’est indispensable. Et tout se paie : 20 lv. pour une journée de travail pour les métiers du bâtiment ; 10 lv. pour avoir une priorité pour acheter tel meuble ou telle machine.

Le travail

Une des réussites presque indiscutable du régime est le plein-emploi. Il n’y a plus de pauvres qui meurent de faim, plus de miséreux. Il reste bien sûr la misère morale, la puanteur des âmes, mais ce n’est pas un concept économique, encore que là aussi grâce au Parti nous ayons progressé.

Cependant, ce plein-emploi présente trois aspects négatifs.

  1. la sous qualification des travailleurs, ce qui est une forme déguisée de chômage : bacheliers-manoeuvres dans les usines textiles ou les coopératives agricoles ; abondance d’ingénieurs dans certains domaines dont l’emploi relève plus du cadre ou du technicien.
  2. le « tekuchestvo » (le mot et la réalité viennent du système soviétique). Il s’agit du déplacement trop fréquent de la main d’œuvre, reflet des mauvaises conditions de travail, qui gèle l’utilisation rationnelle des machines. Cette agressivité vis-à-vis du travail explique les vols qui répondent aussi au besoin de vendre au marché noir pour augmenter le pouvoir d’achat. La lenteur dans le travail est l’attitude générale surtout dans l’agriculture où la journée de travail de 8 h est réduite énormément (parfois à la moitié).
  3. l’émigration économique. Malgré le grand nombre d’usines assez peu modernes, et vu surtout le refus des bas salaires et des professions sales, il y a un curieux phénomène d’entrées et de sorties d’étrangers et de Bulgares. Dans le bâtiment, un bon nombre de Cypriotes travaillent, notamment à Sofia près de la gare (nouvelle et qui prend l’eau à certain endroit) et de nombreux Gitans et Turcs bulgares, et vue la mauvaise qualité des constructions, ça n’améliore pas l’animosité envers ces ethnies. Quant aux Bulgares, les rapports avec Cuba et un grand nombre de pays arabes font que beaucoup de chantiers sont en cours où les travailleurs sont payés en devises.

Le résultat est que l’appartement 2 pièces à 10 000 lv., soit dix ans de salaire brut d’un travailleur, la voiture ziguli (appelée maintenant Lada, la fameuse 124 Fiat, made in URSS à 7 000 lv. ou sept ans de salaire brut, tout cela est obtenu en quelques années de travail dans les pays arabes. D’où le généreux désir d’aide envers les pays du Tiers monde que nous entretenons (dans le sens d’avoir le désir, et d’entretenir ces pays pour ce qui est de Cuba et du Vietnam).

Petit aparté sur le Vietnam et l’Égypte : pourquoi n’y avait-il pas de ciment en Bulgarie de 1964 à 1975 ni pour les particuliers ni pour l’État qui laissa en cours la construction de la gare de Sofia pendant 4 ou 5 ans ? Parce que tout allait au Vietnam, en même temps que quelques artilleurs et même des aviateurs. C’est pourquoi nous disons que les Vietnamiens du Sud et du Nord, les Égyptiens et les Israéliens ne sont que des cobayes de la technique militaire des grandes puissances, des victimes, tout simplement.

Quant à l’émigration à l’Est, vers l’URSS, elle se fait aussi, nous avons dans les 5 000 bûcherons en Sibérie qui vont épauler le volontariat flageolant des Soviétiques pour leurs « terres vierges ».

Les conditions de travail sont lamentables dans tous les domaines. La meilleure leçon est celle de la construction de l’hôtel près de la gare de Sofia par des Français (plus exactement des ingénieurs français et des ouvriers algériens) : grues adaptées, filets de protection, rapidité dans le travail. À côté, il y a une structure de bâtiment à moitié abandonnée, qui dépend des Chemins de fer et qui ne se fait pas par manque de fonds, paraît-il. Ce simple spectacle fait plus de bien pour le capitalisme que toutes les propagandes des radios clandestines de l’Ouest (les programmes religieux de Radio Monte-Carlo ne sont pas brouillés, et on entend assez bien Radio Salonique en anglais, mais mal Washington en russe et en bulgare).

Il est normal de voir comment les années passent et les doigts rétrécissent. En effet, chacun ramasse des coupures et des blessures diverses aux mains dans les différentes usines métallurgiques, textiles, de meubles. Quant aux travailleurs de chocs, nombreux sont ceux qui ont écopé de maladies cardiaques, urinaires à cause des efforts exagérés qu’ils ont fait. Les lois sociales existent mais leur application est formelle. Ainsi tel responsable de l’emploi était accusé d’avoir engrossé une employée, le procès a lieu, et une dizaine de femmes se présentent accompagnées des différents enfants du dit responsable.

Bonne transition pour la condition de la femme et la surexploitation.

Comme jeune fille, si, la femme peut étudier de la même façon que l’homme, elle est toujours considérée dans la famille comme inférieure. En une génération, nous sommes passés de la famille de type méditerranéenne ou arabe (virginité, exposition publique des draps tâchés de sang après les noces, importance de la belle-mère du mari) à la société des groupes de jeunes, avec comme séquelles le respect envers la famille, le sacrifice pour les enfants de la part des adultes et chez les jeunes, l’exploitation des parents.

Mais si l’idéal du jeune couple bulgare est que les parents de l’un ou l’une paient le logement, et ceux de l’autre la nourriture, afin de garder leur salaire pour se saouler, et les vacances, la femme n’en est pas moins inférieure encore, car c’est sa paye qu’elle donne au mari sous peine de cassage de gueule. « Et à quoi bon changer, tous les bulgares sont les mêmes ! »

Sur le plan de ménage : pas de produits de lessive, à récurer, à frotter On fait la vaisselle en frottant avec du sable, on garde les bouts de verre pour les parquets. Il y a depuis peu des produits à vaisselle, mais ils sont chers et peu connus.

Comme mère, la femme est bien sûr soumise à l’homme, et doit faire seule les tâches ménagères. De plus, rien n’a changé dans les soins aux bébés, pas de couches (ou très chères et de mauvaise qualité), pas de plastique, le gosse pisse, on le change, on lave, on fait sécher, on repasse et ça repisse…

Comme grand-mère, la femme est la domestique de ses enfants (comme en URSS), elle l’accepte très bien, car on rejoint là la coutume : tout sacrifier à la famille. Avec cette différence qu’avant les jeunes sentaient un certain respect, parce qu’il n’y avait pas de retraites. Maintenant, on peut exploiter, mépriser, les grands parents et ses propres enfants, puisque la retraite viendra…

Le coup de poing, la rossée sont le dialogue normal entre la plupart des époux et les raisons en sont l’argent, le salaire de la femme. Les grands parents se font aussi cogner pour qu’ils donnent leur retraite à leur fils ou leur petit-fils.

Et dans tous les cas, le Parti, la police, les services sociaux sont invisibles, inexistants.
Du reste, les viols, les assassinats, même les enlèvements contre rançon, sans compter les drogues, la prostitution et l’alcoolisme sont monnaie courante.

La dynamique du régime

Certes, il y a développement économique, mais quel pays fasciste, capitaliste, sous-développé, n’a pas connu depuis trente ans un tel développement ?

Les hôpitaux, les grands établissements scolaires, les succès des haltérophilies et des lutteurs bulgares [5], tout cela est présenté comme le symbole de la réussite du seul PC, c’est à dire Todor Jivkov.

En fait, dans cette société fermée, pour sortir de la misère matérielle et morale, un jeune sans piston a plus de chances de s’en sortir comme sportif, musicien folklorique ou classique de qualité, qu’à l’usine ou à l’école. Il pourra voyager, faire du trafic de devises.

Car en fait c’est là la réussite du régime : ce qui le protège, ce ne sont pas toutes les polices parallèles, les hôpitaux et les médicaments occidentaux pour la classe dirigeante, c’est l’appât du gain chez les pauvres.

Nous pouvons nous saouler, mais avec quoi ? L’alcool de l’État. On peut voler, mais pourquoi ? Pour acheter l’État.

Les vrais manifestations d’opposition sont les « gorianite », ces guérilleros mystérieux, qui préfèrent mourir debout que vivre à genoux.

Il y a les rares grèves, comme celle des ouvriers boulangers d’un quartier de Sofia en janvier 76, mais les participants disparaissent. Le plus courant c’est l’aboulie, l’absence d’initiatives, d’enthousiasme, c’est cela qui est le plus efficace contre les slogans, les directives du Parti.

Le Parti est d’ailleurs très conscient de la nécessité de récupérer, de dévier à son profit la critique. De façon artificielle depuis une dizaine d’années, des hebdomadaires (genre Pogled, le premier) lancent des critiques contre tel ou tel aspect, la radio a même un programme quotidien sur les escroqueries, la T.V. présente des sketches amusants. À ce propos, un film russe montre assez bien « la réalité » bulgare qui avance (il n’y a guère que deux ou trois types d’immeuble construits dans le pays). « X se saoule et ses amis le mettent dans le train de Moscou pour Leningrad. Il est persuadé qu’il est arrivé à sa banlieue près de Moscou. Il prend le tram n° 5, il arrive au Boulevard Kalinine, il prend sa rue Commune de Paris, il trouve sa porte, son appartement, il ouvre avec sa clef. Il va vers la penderie et là, étonnement, il y a un pyjama de femme, le calendrier n’est pas le même… etc. »

Starchel, l’hebdomadaire satirique, est également très bon. La presse quotidienne donne des exemples d’erreurs. Mais tout cela est ponctuel, et ne va pas plus loin que le méchant bureaucrate. Le système reste intact.

Seuls les « vitsove », les blagues vont à la racine des choses, quand on est entre amis. Une blague polonaise pour commencer, mais caractéristique de tous les pays de l’Est ? « Combien de membres a une famille Polonaise ? le père, la mère, les enfants, le petit Cubain, le petit Vietnamien, le petit Arabe. » Les blagues sur le travail : « les Français et les Anglais recherchent un devis peu élevé pour le canal sous la Manche, mais tout est cher. Soudain un ingénieur dit, demandons aux Bulgares, ils enverront deux brigades de chaque côté de la Manche qui travailleront en émulation socialiste. Elles se croiseront sans se rencontrer, et ça fera deux tunnels pour le prix d’un ! » « Les ingénieurs essaient le Concorde, et à chaque fois une aile tombe ? Toutes les tentatives sont vaines ? Finalement arrive un individu qui colle différents papiers sur l’avion. On essaie. Le Concorde vole enfin parfaitement. Tout le monde congratule notre homme. Qui êtes-vous, Monsieur l’ingénieur ? Je ne suis pas ingénieur, répond-il. Je suis un ouvrier bulgare. C’est facile. Je travaille dans une usine de papier hygiénique. Je perce les trous pour qu’on puisse les séparer ».

Les blagues sur les miliciens : « Vous partez en vacances pour l’Autriche demain à 7 h avec un autocar et une remorque. Très bien, dit un milicien, et la remorque part à quelle heure ? ». « Arrivés à Vienne, nos miliciens visitent un musée d’histoire naturelle, on leur présente un œuf d’autruche (Strauss en allemand et en bulgare). Avez-vous des œufs d’autres compositeurs ? ». « Un pope arrange le toit de son église. Passe un milicien. Tiens, soi-disant tu es bien avec Dieu et tu ne sais pas s’il va pleuvoir et tu arranges ton toit. Le pope répond, soi-disant tu es avec le peuple et tu as un pistolet pour te protéger du peuple. Gare à ta langue, ou je t’emmène répond le milicien. Si tu veux, mais quand j’emmène quelqu’un c’est toujours au cimetière (allusion aux enterrements) ».

Les blagues de Todor Jivkov : « La voiture de Jivkov roule en pleine campagne. Soudain, le chauffeur freine. Un enfant est au milieu de la route. Que fais-tu petit, c’est très dangereux ! L’enfant répond qu’il joue au conseil des ministres. Ah ! dit Jivkov, et comment fais-tu ? Voilà, cette bouse de vache est le ministre de la culture, celle-là est celui de l’Intérieur, etc. Et où est Jivkov ? demande Jivkov. Oh, pour lui, je n’ai pas encore trouvé une merde assez grosse ».

Une autre, sur le climat général, avant de continuer avec Jivkov : « Les communistes font de la propagande dans les villages. Arrive un orateur à la fin du discours, il demande si les paysans ont quelque chose à dire. Personne. Il insiste. Finalement Garabet lève le doigt et commence à réfuter tous les points et à affirmer que les communistes sont de nouveaux tyrans. L’orateur répond : camarade je manque d’informations pour répondre à tous ces points. Je reviendrai la semaine prochaine. La semaine suivante, nouveau discours, nouvelle question à la fin. Personne ne parle. Le même orateur insiste. Un paysan demande : où est passé Garabet ? ».

« Jovkov arrive à Moscou, il visite un hôpital où viennent de naître des triplés. En l’honneur de Jivkov et de Brejnev qui sont là, les enfants sont appelés : Jivkov, Brejnev et Bulgarie. Quelque temps plus tard, Jivkov téléphone de Sofia pour savoir comment vont les triplés. Brejnev suce, Jivkov dort et la Bulgarie pleure ».

« Brejnev arrive devant le Père éternel. As-tu une dernière envie avant de quitter les vivants ? Je voudrais que l’URSS réalise le socialisme. Et Brejnev éclate en sanglots car c’est impossible. »

« Ford arrive devant le Père éternel. As-tu une dernière envie avant de quitter les vivants ? Je voudrais que le monde vive dans le capitalisme. Et Ford éclate en sanglots car ce serait la misère pour les hommes ».

« Jivkov arrive devant le Père éternel. As-tu une dernière envie avant de quitter les vivants ? Je voudrais que la Bulgarie soit un pays industriel. Et le Père éternel éclate en sanglots ».

Bien sûr, mis à part quelques années de prison et la privation des droits civiques, ces blagues ne vont guère au-delà des mots. Mais elles soutiennent, elles confortent un certain bon sens qui est indispensable pour arriver à vivre sans se noyer dans la veulerie, la dégueulasserie.

Meraklia 1976 (Communiqué par Black Flag)

Notes :

[1Les Moskovitchs « zigouli » ― escargots ― fabriquées par Fiat en URSS et rebaptisées « Lada » pour l’Ouest sont trop vulgaires pour nos grands bourgeois. Du reste, pour le bal du baccalauréat, fête très officielle, chaque jeune fille exige que son cavalier vienne la chercher en voiture occidentale, venir en voiture socialiste est considéré comme une tare.

[2Le racisme cultivé officiellement par le régime, « le péril jaune » ― les exercices de préparation de guerre contre la Chine ont commencé en 1963 et chaque usine, chaque entreprise sait où elle sera évacuée ―, « les nègres sauvages » ― les colonels de la Sûreté disent qu’ils ont un siècle de retard sur nous ; le racisme est aussi intérieur, contre les Turcs et les Gitans ― un million sur huit ― et les slaves musulmans qui sont en fait soumis à l’ « apartheid » ― mais en Afrique du Sud, l’apartheid est réactionnaire, chez nous il est progressiste. Vers 1960, à la suite de l’évacuation d’une partie des Turcs séparés de leur familles depuis 1948 vers la Turquie, une grande partie des Gitans fut envoyée dans les villages du littoral déserté par les Turcs. Ils devaient du jour au lendemain devenir des paysans courageux. L’expérience fut un échec et on les laissa ― avec pas mal de tracasseries ― revenir à leur quartier d’origine principalement à Sofia et Plovdiv. On leur attribue les vols, les viols et les maladies, surtout cette année 1976 avec l’épidémie de poux.

[3Dont le détail est le suivant : 22 repas à la cantina à 0,40 lv. soit 17,6 lv pour deux ; 2 litres d’huile = 3 lv, 12 laits à 0,30, 20 yoghourts à 0,30 = 9,60 ; 4 kg. de viande, de fromage =32 lv ; 40 pains à 0,30, 8 kg. de légumes à 0,20, 6 kg. de fruits à 0,20 = 14,80 lv. ; total 77 lv. Plus une bière, un « Schweps » vendu au litre, du vin =80 lv.

[46 %, 40,7 %, et 23 % en URSS en 1973.

[5Les lutteurs sont d’origine turque mais dans ce cas, ça ne gêne pas.


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