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L’Unique N°3 (août-sept. 1945)
Poèmes pour l’amie
Article mis en ligne le 19 janvier 2007

par E. Armand
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Ah ! que ne suis-je un petit oiseau ?
Pas un oiseau de luxe, sûrement,
pas un oiseau des îles,
mais un oiseau dans le genre de l’hirondelle
que les longs trajets ne rebutent ni ne lassent.

Comme j’aurais bientôt fait de te rejoindre
partout où tu te déplacerais !
Je serais toujours a tes côtes ou dans les alentours,
tu ne me verrais pas,
tu ne m’apercevrais pas,
ou encore tu ne serais pas attention à moi,
mais je serais là quand même :
Dans un angle du toit où j’aurais bâti mon nid,
quelque part dans le minuscule jardin attenant à ton logis,
ou sur la crête du mur qui sépare la demeure de la maison adjacente,
et parfois même dissimulé dans un coin de la chambre où tu reposes.
Je t’accompagnerais dans tes courses,
dans tes voyages.
Je te précéderais ou le suivrais selon les cas,
tantôt je me cacherais au coeur de quelque buisson touffu en attendant que tu passes,
lors de tes randonnées à bicyclette,
tantôt je me percherais sur quelque branches d’arbre en fleurs.

Si tu prenais le train,
j’arriverais bien à me jucher sur la toiture de quelque wagon.
Je serais éveillé avant toi
afin de le saluer à ton départ
et je ne reintégrerais mon nid qu’après t’avoir accompagnée
à ton retour,

Aucune barrière ne m’empêcherait de te rejoindre,
le petit oiseau que je serais n’aurait heureusement à tenir aucun compte,
des convenus, des usages ou des mensonges sociaux.
Je te suivrais n’importe où
en prison, en exil, par delà les mers, s’il le fallait :
Je me nicherais sur les mâts du navire qui t’emporterait vers de lointaines rives !
Et lorsqu’aurait sonné l’heure de rendre à la nature ma petite âme d’oiseau,
je ramasserais assez d’énergie encore pour
me glisser jusqu’à la couche, jusque sur ton sein
et me pelotonnant dans la tiédeur de ce dernier abri,
pour exhaler mon dernier souffle,
heureux, en expirant, de t’avoir aimée, de t’être demeuré fidèle jusqu’à la fin.


29 août 1942

E. Armand.


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