La Presse Anarchiste
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La Lanterne Noire N°9 (décembre 1977)
Espagne : Mouvement ouvrier et organisation spécifique
Article mis en ligne le 23 juin 2007
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Ce document émane d’un groupe de camarades de Barcelone. À notre avis, ce texte a le mérite de poser des problèmes importants qui concernent tout le mouvement anarchiste, étant donné que les formes de l’organisation ouvrière sont directement liées au développement de la lutte révolutionnaire. Nous espérons continuer avec les lecteurs la discussion sur ce sujet, commencée depuis le numéro 6/7 de notre revue.

À tous les anarchistes

Actuellement, nous, la plupart des anarchistes nous militons à la CNT car nous croyons, comme dans le passé, qu’il n’est pas possible d’arriver à une société communiste libertaire sans l’ANARCHO-SYNDICALISME, c’est-à-dire sans la projection des principes ANARCHISTES dans un SYNDICAT. C’est pour cela que le syndicat, pour les anarchistes anarcho-syndicalistes, n’est pas une fin en soi, mais un moyen nécessaire pour la transformation totale de la société.

Il y a par ailleurs, beaucoup d’autres anarchistes qui ne sont pas anarcho-syndicalistes, mais qui sont organisés dans des collectifs autonomes (écologiques, naturistes, communautés, athénées, etc.) ou qui se définissent, tout simplement, comme anarcho- individualistes.

Mais avec l’affiliation massive qu’a connue récemment la CNT, nous la plupart des anarchistes anarcho-syndicalistes, voyons avec étonnement une lutte de tendances à l’intérieur de la CNT ayant comme but d’imposer leur propre critère. Cette lutte, qui entrave l’avance naturelle de l’anarcho-syndicalisme, finit par se simplifier et se réduire finalement à deux tendances fondamentales :

  • d’une part la tendance Jaune, réformiste, qui vient de camarades « cincopuntistes », « pestanistes » ou qui ont milité pendant plusieurs années dans le syndicat vertical. Cette tendance, qui a la prétention d’une CNT exclusivement syndicaliste et non pas anarcho-syndicaliste, compte sur le soutien de militants de groupes et de partis politiques tels que LC, MCL, PORE, OICE, PSC, AC, P.Carli, ERC et autres, soutien qui se manifeste surtout dans les moments de décision (Plénums, Assemblées, élection de Comités, etc.)
  • D’autre part, il existe la tendance Anarcho-léniniste, avant-gardiste, issue de camarades liés au Secrétariat Intercontinental (Toulouse et organisés à la FAI.)

Cette tendance qui surgit comme une réaction à l’autre, a pour but d’empêcher que la CNT tombe dans le réformisme, et pour ce faire, elle utilise les mêmes schémas traditionnels de la FAI de 36, schémas qui, à cause de leur décalage avec la période actuelle, favorisent une conception d’Avant garde anarchiste plutôt qu’une défense des principes anarchistes de l’Anarcho-syndicalisme. Dans les moments de décision cette tendance rejoint les anarchistes anarcho-syndicalistes non organisés dans une organisation spécifiquement anarchiste.

Pour commencer un débat critique Autour du futur du Mouvement Anarchiste, il faut tenir compte des deux facteurs dont on a parlé : l’existence d’anarchistes anarcho-syndicalistes et non anarcho-syndicalistes d’une part et la lutte de tendances à l’intérieur de la CNT. Ce qui est évident c’est que la structure historique traditionnelle (CNT-FAI-JJLL) constitue un cadavre historique qui ne mérite pas la peine d’être ressuscité mais que le futur Mouvement Anarchiste doit se structurer à partir de la situation actuelle.

La CNT en tant qu’axe fondamental du mouvement anarchiste

Face à ceux qui sont favorables à une CNT jaune, réformiste, seulement syndicaliste, il faut souligner l’impossibilité d’un syndicalisme neutre du style de celui défendu par Pestana en 1925 quand il considérait le syndicat comme « un instrument de revendications économiques, subordonné à la lutte de classes et dépourvu d’adhésion idéologique détérminée, avec une finalité de classe, économique, matérialiste, laissant de côté les questions de morale et d’éthique collective, de secte ou de parti, définies par le groupe ». Gomez Casa remarque très bien comment on voit déjà dans ces lignes, la stratégie suivie après par Pestana : « vider le syndicalisme de son contenu éthique et transformateur, dépassant les revendications purement économiques, pour assigner par la suite ce contenu ou éthique à un parti ou une école. »

Pestana signale ici ce qu’il développera après peu à peu jusqu’à arriver au « Parti Syndicaliste ». Face à cette conception il faut déclarer qu’un tel syndicalisme est inexistant, à l’opposé de ce que prétendent ceux qui veulent réduire l’anarcho-syndicalisme au syndicalisme tout court, en éliminant toute conception de transformation sociale. Le mouvement ouvrier pur n’existe pas : il existe un mouvement ouvrier désagrégé en de multiples tendances (socialiste, communiste, chrétien, anarchiste…) et c’est selon ces tendances et leurs objectifs respectifs que les ouvriers se groupent en syndicats.

C’est ainsi qu’on ne peut pas nier le caractère anarchiste de la CNT. Par ses principes idéologiques essentiellement « acrates » et parce qu’elle a été fondée par des « acrates » ce qui rend parfaitement compréhensible leur influence sur la Syndicale. Moins naturelles sont, par contre, les tentatives de déviation vers le réformisme, ou de mainmise de la part de minoritaires commandos communistes.

La conception politico-économique et philosophique de l’Anarchisme est constamment présente dans l’anarcho-syndicalisme de la CNT. Depuis toujours elle s’est présentée comme antigouvernementale ou antiétatique et antiparlementaire. Les activités dites politiques qui ont pour finalité l’État, le Parlement ou les institutions de la société bourgeoise sont considérées comme dépourvues d’authenticité, simples excroissances des activités humaines de base. En conséquence, il est naturel que la tactique de lutte adoptée par la CNT soit l’action directe, c’est-à-dire la projection directe de l’élan et de la volonté organisative de la base où réside la vie de l’organisation. Dans l’anarcho-syndicalisme, la vie de l’organisation est toujours venue de la base et le pouvoir de décision a toujours appartenu aux syndicats, et, au sein d’eux, aux militants. On a toujours refusé les élites dont l’existence implique nécessairement celle de cercles privés ou intimes, une fonction dirigeante, une structure hiérarchique ou semi-hiérarchique de l’organisation et une masse de dirigés en opposition aux dirigeants. Mais l’anarchisme et sa projection ouvrière, l’anarcho-syndicalisme, est avant tout, une réaction logique contre tout le contexte autoritaire de l’histoire, et en conséquence, remplace l’action toute puissante du dirigeant au sommet par l’action responsable du militant sur un pied d’égalité à l’intérieur du syndicat respectif.

En ce qui concerne le caractère historique de la relation entre la CNT et l’anarchisme on constate que ceux qui ont fondé et développé la CNT ont été des anarchistes. Il suffit de regarder les listes des délégations au Congrès Constitutif de 1910, du Théâtre « Conservatorio » de Madrid, 1931, de Saragosse, 1936, pour démontrer que l’écrasante majorité des délégués étaient anarchistes, affiliés ou pas à des organisations spécifiques anarchistes.

La CNT est donc l’axe fondamental du mouvement anarchiste. L’accusation fait par certains, que l’anarchisme est une forme qui manipule la CNT est extravagante et dépourvue d’information, puisque les anarchistes ont été la véritable force viscérale qui l’a construit. Et ceci en marge du fait concret de l’existence de la FAI puisque l’anarchisme viscéral de la CNT existait bien avant la création de la FAI. Des milliers de militants de la CNT qui n’étaient pas affiliés à la FAI se sentaient anarchistes et ont contribué à garder la trajectoire qu’ils considéraient la seule possible à l’intérieur de la CNT en s’opposant à toute tentative de mystification. Ils ont lutté contre les chefs politiques du lerrouxisme, contre l’infiltration communiste à l’époque du lerrouxisme et, antérieurement, contre l’éblouissement produit par la Révolution Russe .

La Lutte dans le quartier comme conséquence logique de l’anarcho-syndicalisme

La CNT lutte pour la transformation de toute la société. C’est pour cela que l’anarcho-syndicalisme est organisé de façon telle que les travailleurs affiliés aux différents syndicats continuent à lutter pour leurs revendications sociales après avoir quitté leurs lieux de travail. Ceci permet que le débat commencé à l’usine se poursuive dans le quartier.

Mais la situation actuelle a subi deux grands changements par rapport au passé :

  • l’apparition des cités-dortoirs, avec la séparation entre lieu de résidence et lieu de travail (les gens travaillent à Barcelone mais habitent Hospitalet ou Santa Coloma).
  • La création de grandes concentrations urbaines, mégalopoles, qui empêchent les gens d’une même ville de se connaître et d’envisager des formes de lutte ensemble.

Ces deux grands changements exigent des anarchistes une reformulation profonde de l’anarcho-syndicalisme. Car si l’on abandonne une lutte globale dans tous les domaines de la société l’anarcho-syndicalisme se voit nécessairement condamné à s’intégrer au système selon le modèle caractéristique des syndicats corporativistes européens dans lesquels le travailleur abdique de sa conscience d’exploité dès qu’il quitte son lieu de travail. Il faut donc, là où s’est produit cette séparation entre lieu d’habitation et lieu de travail, les réunir dans une seule et même lutte. Cette double militance anarchiste ― travail et quartier ― c’est quelque chose d’intrinsèque et d’implicite à l’anarcho-syndicalisme.

La problématique relation des étudiants avec la CNT

Actuellement les étudiants anarchistes sont organisés de toutes les façons possibles : affiliés au syndicat de l’enseignement, affiliés à leur syndicat de métier ultérieur (les architectes à la construction, par exemple), aux deux en même temps, à aucun des deux, etc.

Ceci est une conséquence de la problématique dans laquelle se débat le syndicat de l’enseignement et de leurs tentatives d’élaboration d’une alternative anarchiste à l’éducation, alternative qui non seulement doit être soutenue par le syndicat de l’enseignement mais par tout l’ensemble de la CNT. Au fur et à mesure que cette alternative se précise les étudiants trouveront leur forme propre d’organisation, soit à l’intérieur de la CNT, ou bien au dehors. En fonction de ceci il est préférable que ce soit le syndicat de l’enseignement lui-même qui trace la ligne dans chaque localité, ligne qui peut ne pas être uniforme. Ce n’est qu’ainsi que professeurs et étudiants, avec l’ensemble de la CNT, pourront élaborer une alternative anarchiste à l’éducation.

Évidemment cette façon de poser le problème nie toute possibilité à des Jeunesses Libertaires fondées sur un critère d’âge, sorte de branche juvénile, puisqu’il n’y a pas d’âge précis pour être anarchiste ou anarcho-syndicaliste.

Non-viabilité actuelle d’une organisation spécifiquement anarchistes

On comprend la nostalgie et les bonnes intentions des camarades qui disent être organisés dans la FAI, mais il y a un fait réel : la non-existence de celle-ci. Parce que quarante personnes ne sont pas une FAI. La raison qui explique suffisamment pourquoi les anarchistes se refusent à s’organiser dans une organisation spécifique c’est la constatation que les structures de la FAI de 36 ne correspondent plus à la période actuelle. Transplanter des structures dépassées c’est ressusciter un cadavre, et, actuellement, une telle résurrection non seulement est inutile mais elle est inopportune pour le mouvement anarchiste.

Peut-être la FAI a eu une mission historique dans le passé, mission qui est terminée, celle d’être l’avant-garde anarchiste à l’intérieur de la CNT, d’agir comme un parti politique de plus à l’intérieur d’une organisation de masses, de contrôler, diriger, empêcher que la CNT soit détournée de ses objectifs par les « treintistes », les communistes autoritaires et les bourgeois. En un mot, la défense des principes anarchistes de la CNT en organisant les anarchistes comme un groupe de pression interne. Et tel paraît être l’objectif actuel de la nouvelle FAI : « l’invincible et l’irréductible avant-garde, qui propulse sans cesse la liberté, la transformation sociale, les réalisations libertaires constructives dans les sociétés humaines, dans le réveil et la résurgence victorieuse des peuples de la nouvelle Ibéria » (El anarquismo ibérico, la FAI y la CNT, supplément au nº 18 d’Espoir, dernière page de ladite brochure, récemment éditée).

Mais se constituer en avant-garde, soit pour défendre la dictature du prolétariat ou l’anarchie, c’est du léninisme, du pur léninisme. L’objectif d’arriver à une société anarchiste ne justifie pas les moyens employés pour l’obtenir. Nos penseurs ont toujours rappelé (Malatesta par exemple) qu’on n’arrivera jamais à la fin qu’on se propose si l’on n’utilise pas le moyen approprié. L’anarchisme ne peut pas s’imposer par une pression, il n’est pas le résultat d’une avant-garde éclairée, il ne peut que surgir de l’autoconviction personnelle et libre pour laquelle on peut donner des raisons mais jamais des pressions. Dans ce sens les anarchistes anarcho-syndicalistes nous devons discuter comment diffuser les idées anarchistes dans les syndicats sans nous transformer en avant-garde ni en groupe de pression. C’est pourquoi actuellement il est inutile de répéter mécaniquement les schémas et structures de la FAI de 36.

Analyse de la problématique qui traverse actuellement la CNT

La conclusion logique de toutes les considérations exposées antérieurement est :

1. que l’actuelle incohérence qui caractérise la CNT de Catalogne est dû à deux raisons fondamentales : la lutte pour le pouvoir entreprise par les différentes tendances et groupes organisés à l’intérieur d’elle, tendances qui peuvent se réduire à deux : les jaunes et les anarcho-léninistes.

Le manque d’apprentissage de lutte ouvrière dû à un manque de formation aussi bien théorique que pratique dont souffrent la plupart des travailleurs qui massivement viennent faire partie de la CNT.

2. que cette tache de formation et prise de conscience des militants et affiliés à la CNT est une grave responsabilité historique qui revient actuellement à tous les anarchistes anarcho-syndicalistes.

Ceci est une répétition du passé puisque sans l’existence des anarchistes, l’existence des anarcho-syndicalistes n’aurait pas été possible.

3. Qu’en ce moment l’image donnée par les anarchistes de Catalogne est une image incohérente et contradictoire et, en conséquence, cette incohérence et cette contradiction se reflètent dans la pratique anarcho-syndicaliste.

4. Qu’il est donc urgent de commencer un débat de clarification sur les principes anarchistes et l’actuelle réalité de Catalogne puisque de cela dépend le futur de l’anarchisme et de l’anarcho-syndicalisme.

5. Qu’une reconsidération actuelle de l’anarchisme demande un refus de toute considération nostalgique telle que ressusciter les structures historiques de la FAI étant donné que la problématique ouvrière de Catalogne a souffert de variations brutales par rapport à la situation prérévolutionnaire de 36 et qu’elle demande donc, de nouvelles formes de lutte.

6. Que, par conséquent, il faut, devant l’actuelle lutte pour le pouvoir à l’intérieur de la CNT, que les anarchistes consacrent tout leur effort à renforcer les mouvements de base qui sont ceux qui, réellement, font bouger la CNT.

7. Qu’il faut manifester un profond respect pour toutes les opinions, opinions qui sont nécessaires pour une constante confrontation et autocritique des principes et activités anarchistes.

Réflexions sur les principes d’un mouvement anarchiste actuel (pas une organisation)

Pour toutes ces raisons il est urgent, aussi bien pour le futur de l’anarchisme que de l’anarcho-syndicalisme, que toutes les anarchistes sans exclusions nous entamons un processus de discussion visant à renforcer un mouvement anarchiste en accord à la problématique actuelle traversée par la CNT en particulier et la classe ouvrière en général. Comme première contribution à cette discussion sur les différentes caractéristiques de ce Mouvement Anarchiste, nous proposons les réflexions suivantes :

1. Refus total du schéma archaïque de 36 qui concevait le Mouvement Libertaire formé par Mujeres Libres (en guise de Section Féminine, quoi qu’elle ne se soit jamais intégrée au Mouvement Libertaire), Juventudes Libertarias (la branche juvénile) CNT (le bras syndical) et la FAI (avant-garde anarchiste et élite de choc) .

2. Refus des sigles et structures organisationnelles de la FAI aussi bien à cause du poids historique qu’elles portent, qu’à cause du besoin de donner une colonne vertébrale à un Mouvement Anarchiste, qui réponde aux besoins du moment actuel et non pas à l’héritage du passé.

3. Refus de toutes sortes de connotations violentes qui prétendent assimiler Anarchisme et Terrorisme, image favorisée par le fait d’assumer implicitement l’idéologie de la virilité, le machisme et la violence qui font partie du passé historique de la FAI.

4. Rupture totale et absolue avec tous les courants de l’exile qui sont, avec leurs divisions internes et problèmes archaïques une des principales causes de l’actuelle incohérence qui caractérise la CNT.

5. Défense de toutes sortes de culture opprimées par les États et réaffirmation du fédéralisme internationaliste, en posant systématiquement le problème posé par l’immigration forcée.

6. Mener une lutte sur tous les fronts de la vie sociale, en attaquant toutes les formes culturelles de répression, qu’elles soient politiques, religieuses, sexuelles, économiques, etc. sans perdre de vue les rapports qu’elles ont entre elles dans la société autoritaire.

6. Acceptation de l’actuel mouvement contestataire qui refuse l’autorité et qui cherche, en même temps, des alternatives positives à la société actuelle.

7. Démasquer les actuelles formes contre-culturelles caractéristiques de la petite bourgeoisie, centrées sur des positions égoïstes et non solidaires, qui tendent à renforcer l’actuel état de domination, image favorisée par le pouvoir, les partis politiques et l’individualisme anarchiste qui finit par mettre sur le même plan la consommation de la drogue et l’anarchie.

8. Émancipation de l’individu de toutes les impositions qui résultent d’un état culturel artificiel et oppressif basé sur l’autorité, la concurrence et l’élitisme.

9. Réaffirmation de la liberté individuelle face à la société autoritaire ainsi que de la solidarité librement acceptée sans laquelle la liberté individuelle est impossible.

10. Agir de façon publique et se refuser d’accepter une clandestinité qui rendrait impossible l’influence sur toute la population et qui créerait des groupuscules fantômes selon le style classique des avant-gardes bolcheviques.

Quelques questions sur le futur du Mouvement Anarchiste

Encore que l’existence d’une organisation Anarchiste soit à l’heure actuelle, un fait anti-anarchiste, la nécessité d’un puissant Mouvement Anarchiste qui propage aussi bien à l’intérieur de la CNT qu’à l’extérieur les principes d’auto-émancipation, devient de plus en plus évident. Dans cette perspective il faut clarifier les principales questions qui différencient une organisation d’un Mouvement, ce point étant justement le début du débat sur le futur de l’anarchisme. Voici quelques questions, parmi d’autres, que nous nous sommes posées :

  • Comment éviter la création d’une nouvelle tendance organisée à l’intérieur de la CNT et, par conséquent, comment éviter le danger de déboucher sur une organisation de type anarcho-léniniste avant-garde d’une CNT anarcho-syndicaliste ?
  • Quel axe prendre ? Un mouvement d’individus ou un mouvement de collectifs consacrés à des taches concrètes ? Comme par exemple :
    • collectifs écologistes
    • collectifs naturistes
    • communautés
    • collectifs espérantistes ou d’études des langues
    • collectifs antimilitaristes
    • collectifs de libération sexuelle étant donné la répression actuelle
    • athénées libertaires
    • collectifs de soutien aux luttes des prisonniers sociaux
    • collectifs de défense des cultures opprimées par l’État
    • collectifs de lutte sur les problèmes posés par l’immigration
    • collectifs consacrés à l’alphabétisation d’adultes
    • collectifs de travail prêts à intervenir à la demande d’Assemblées en cas de besoin
    • collectifs d’études de toutes sortes de sujets (économe, urbanisme, etc.) en incluant l’étude des thèmes syndicaux
    • etc.
  • Quel doit être le type de rapport à l’intérieur du Mouvement Anarchiste ? Un simple échange d’expériences ou quelque chose en plus ? Comment adopter des accords sur des problèmes d’intérêt général ou qui touchent à plusieurs individus ou collectifs ?
    • au niveau du secteur concret (une fédération écologiste par exemple)
    • au niveau de la localité, de la commune, la région ou pays (Barcelone par ex.)
  • Serait-il positif, compte tenu du poids historique et sociologique qu’elle a acquis, de ne plus utiliser aucune sorte de terminologie qui rappelle la CNT (par exemple ne plus parler de Plenum, de Congrès ou de Comités) mais de créer une nouvelle terminologie (parler par ex. de Collectifs, Conférences, Commissions de Relations, etc.)
  • Serait-il utile, étant donné le caractère d’urgence qu’a la réorganisation du Mouvement Anarchiste actuel, d’avoir une première réunion préparatoire et d’échange d’opinions concernant la viabilité d’une possible Conférence Anarchiste ? Quel ordre du jour faudrait-il mieux débattre au cas où une telle Conférence serait jugée utile ?

Barcelona, le 30 septembre 1977


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