L’en-dehors

, par  E. Armand , popularité : 2%

L’en dehors veut être un journal vivant et vibrant, un journal de combat en même temps que de culture individuelle. Il se situera résolument à l’extrême gauche des divers mouvements antiautoritaires. Dans tous les domaines, il prendra parti pour l’original contre le routinier, pour l’aventureux contre le timoré ; pour l’insoumis contre l’esclave ; pour le révolté contre le mendiant. Il s’affirmera pour quiconque prend position en marge du bien et du mal juridique et conventionnel, par delà les catégories sociales ou les chapelles idéologiques, contre les formalistes, les endormeurs, les pharisiens, les tartuffes, les prostitués et les jugeurs. Il se placera du côté des victimes de l’autorité civile, militaire ou religieuse ; des rejetés et des mis au ban des sociétés étayées sur la maîtrise des manieurs d’argent, la rouerie des politiciens de métier, le servilisme des journalistes d’industrie.

l’en dehors se dressera contre les individualistes de coffre-fort ; les individualistes bourgeois avoués ou honteux ; les arrivistes à l’affût de tous les débouchés possibles, pourvu qu’il leur fournisse une chance de « parvenir » ; les affairistes prêts même à renoncer à l’instrument-domination et à l’outil-exploitation pour renchérir sur les clameurs du populaire — dès lors qu’ils y entrevoient un moyen, de surprendre le succès.

l’en dehors n’épargnera pas l’individualisme renfrogné, l’individualisme poseur, l’individualisme « à la Thénardier » ; le « j’m’en fichisme » des pseudo-copains individualistes qui prétendent avoir accompli leur « révolution personnelle » et achevé le cycle de leurs expériences, parce qu’ils se sont terrés — au prix de quels reniements ou de quels effacements ! — dans quelque situation médiocre, ou parce qu’ils ont amassé péniblement un piètre avoir. Nous ne nous laisserons pas duper par le vernis verbeux dont ils usent pour excuser leur nonchalance, leur paresse, leur opportunisme, leur adaptation à l’individualisme bourgeois. Nous ne concevons pas de foyer sans rayonnement, de vie intérieure sans activité extérieure, de sculpture de la personnalité intime sans réaction contre l’emprise oppressive et déprimante de l’ambiance. Pas de concessions sur ce point.

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