Aragon : pour et contre

lundi 9 novembre 2015
par  Symphorien

Avec Aragon, il y a toujours un mais et tout dépend de quel côté du mais on se place. Il y a ceux qui vous disent qu’il a écrit Il n’y a pas d’amour heureux, mais qu’il a aussi écrit C’est rue Lafayette au 120… ; et puis il y a ceux qui vous disent qu’il a écrit Les communistes, bien sûr, mais qu’il a aussi écrit Est-ce ainsi que les hommes vivent ? et Les Beaux Quartiers. De toute façon, c’est toujours facile de s’en prendre à Aragon.

Il revient les vélos sur le chemin des villes
se parlent rapprochant leurs nickels éblouis

Restera pour toujours un monument d’une rare sottise, mais également d’une rare flagornerie. Le culte de la personnalité n’était pas à l’époque étranger à Aragon et c’est pour quoi on ne peut s’empêcher de sourire en le voyant aujourd’hui pleurnicher devant l’envoyé de Paris-Match parce que M. Lecanuet dit du mal du Parti communiste. Aragon soupire : « Ah ! comme ils sont mal renseignés ! Ah ! s’ils savaient comme le Parti a changé à présent… » Outre qu’on ne peut s’empêcher de penser au refus de la réintégration des gens d’U.N.I.R., au sort fait aux étudiants rebelles, à l’affaire Le Brun, on ne peut s’empêcher de penser aussi que quand le Parti n’avait pas changé, M. Aragon y était déjà.

Symphorien.