Pour s’éduquer

, par  Bergeron (Paul) , popularité : 3%

 Manova a signalé l’initiative de Fontanieu [1]. Le 1er cahier de la « Mutuelle de l’Éducation » vient de nous parvenir. Initiative à reprendre et à développer. L’un des adhérents, Pierre P., nous dit, dans ce 1er cahiers, en avoir déjà organisée une précédemment. Moi-même, en 1917 et 18, avec un bon camarade et ami, avais eu également cette idée, et nous fûmes ainsi une dizaine à échanger des idées. Notre « Poussée » a sombré, je ne sais pourquoi : la guerre, peut-être, qui nous dispersait à droite et à gauche. Mû par l’impulsion de Fontanieu, je fais une nouvelle tentative. Les camarades que cela intéresse n’ont qu’à m’écrire. Mais il ne faut pas que l’association dépasse 5 à 6 adhérents (« La Mutuelle » Fontanieu en réunit 7). Il ne faut pas non plus que les adhérents soient de la même ville : le charme ne serait pas le même, et de plus, pour échanger des idées entre compagnons d’une même localité nous avons les « groupes ». Si je recevais trop d’offres d’adhésion je pourrais mettre en relations les camarades « en supplément ».

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Dans ce premier cahier, aucun sujet précis n’a été traité ; simplement des aperçus sur l’évolution, l’état d’âme et les conceptions des différents adhérents (ce qui m’a énormément intéressé) et aussi quelques précisions sur le fonctionnement de la « Mutuelle ». Aucun des adhérents n’a suggéré une solution différente de celle proposée par Fontanieu, ceux-là ont un numéro de 1 à 6, le numéro 1 traite un sujet, le cahier suit l’ordre établi, jusqu’au numéro 6 et refait le trajet inverse pour revenir au numéro 1.

J’aimerais mieux la méthode suivante : le camarade désireux de voir un sujet éclairci écrit à chacun des membres de la Mutuelle et l’expose en quelques phrases. Chacun, dès lors, traite le sujet de son côté et l’envoi à celui qui l’a proposé. Ce dernier a préparé son exposé, il le compare aux textes reçus, émet des opinions nouvelles, s’il y a lieu, critique ou acquiesce. Il agglomère le tout (pour cela, il faut que tous s’entendent pour écrire sur du papier ayant même format afin que tous les manuscrits puissent être brochés en un cahier) et à ce moment, seulement, le cahier fait les deux voyages, dans l’ordre établi. L’avantage de cette méthode : personne n’est influencé par les écrits précédents et la critique se fait tout aussi bien, mais après coup.

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Une dernière réflexion : ce travail fait entre 5 ou 6, il faudrait que beaucoup puissent en profiter. Fontanieu y a songé et, sur sa demande, Manuel Devaldès a bien voulu se charger de donner, dans le « Réveil de l’esclave », un succinct compte-rendu de chaque cahier. Mais il y aurait peut-être mieux à faire encore. Il faudrait, quand le sujet traité est intéressant, que le cahier puisse être édité et mis en vente. Ici, aux vagabonds, nous pouvons en éditer quelquefois. Certainement Fontanieu, qui va lancer « Le Plagiaire » s’en occuperait parfois aussi. Maintenant, certaines de ces Mutuelles – car elles peuvent et doivent pulluler – pourraient publier un organe spécial, trait d’union de toutes ces Mutuelles et maison d’édition de leurs cahiers.

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Autant d’idées que je suggère.

Paul Bergeron

[1voir n°2 des Vagabonds.