Alors ! !

lundi 8 avril 2013

Les journaux nous donnent de copieux renseignements sur la manifestation en faveur du suffrage universel organisée à Berlin par les socialistes.

De nombreuses réunions eurent lieu à l’issue desquelles les assistants se formèrent en colonne pour aller dans la rue pousser le cri de : « … Donnez-nous le droit de vote ».

Sans nous arrêter à l’objet de la manifestation, constatons que les socialistes ont appelé dans les rues des ouvriers pour la réclamation d’un droit et que certains parmi eux ont récolté des coups.

Le sang a été versé comme en notre royale république. Les socialistes allemands ont agi comme agissent, lorsque les nécessités l’exigent, les syndicalistes de France.

Cependant ces derniers sont traités de violents fous, d’énergumènes, de déviateurs, d’anarchistes par nos social-démocrates d’Allemagne et de France. La raison serait intéressante à connaître ; car, ou nous sommes ce que l’on prétend et dans ce cas pourquoi recourir aux modes d’action caractéristiques de notre mouvement ? Où ces modes ont leur valeur et leur efficacité et dans ce cas pourquoi les anathèmes ?

Et non seulement les formes de lutte sont identiques en l’espèce, mais encore le langage tenu par les chefs social-démocrates est d’une allure semblable à celui employé par nous.

Qu’on en juge !

Le Worwaerts, dans un article intitulé : Dans la rue, écrit :

« Le honteux refus opposé par le gouvernement aux revendications du peuple réclamant le suffrage universel a reçu une première réponse dans cette tumultueuse protestation. C’est le signe avant-coureur de l’orage qui va éclater.

« Le cri de : « Donnez-nous le droit de vote », qui sortit hier de millions de poitrines, va se propager encore et comme un ouragan balaiera le vieux système actuel, qui ne s’appuie que sur des sabres et des baïonnettes.

« Sur certains points de Berlin, place du Nouveau-Marché par exemple, 20 à 30.000 manifestants se sont rencontrés. Le prolétariat a conquis la rue. Il s’est emparé du droit dont se prévalait la bourgeoisie à l’exclusion des ouvriers. Ce droit ne nous sera plus enlevé.

« Que les privilégiés et les vils bourgeois s’indignent s’ils le veulent . Le peuple voulait imposer son droit et sa volonté. Il l’a fait. »

Voilà qui n’est pas mal ! On en conviendra. Ça sent l’Action Directe.