Il n’y a pas de Dieu

samedi 30 mars 2013
par  Régio

Les saltimbanques religieux, professionnels intéressés du mystère et de toutes les religions, ont une singulière manière de concevoir la puissance divine ; ils sont bien éloquents, lorsqu’ils parlent du haut de leur chaire, dans leurs églises, temples et synagogues mais parfois des mécréants sont assez téméraires, pour aller les contredire, les lois divines ne leur suffisent plus ; ils s’empressent de les rendre effectives par l’appoint des lois humaines : témoins les perturbations des églises à Romans, à Paris, a St-Maurice-de-Vienne, etc.

Je veux bien admettre, que tout le menu fretin des hiérarchies religieuses ait plus de foi, que de vérité, plus de croyance, que de savoir ; mais vous, prêtres, pasteurs, rabbins, archevêques, cardinaux et pape, vous qui avez fait de profondes et puissantes études, vous n’ignorez pas que tout ce qui existe est en continuelle transformation de combinaisons et de formes et n’est pas autre chose, que le produit de la combinaison des corps simples, appelés éléments et que ces éléments sont indestructibles, ils s’associent, se séparent, selon les différentes conditions et températures, dans lesquelles ils se trouvent placés, mais ne disparaissent jamais ; donc ils n’ont vas de fin.

Vous, les cerveaux instruits dans les choses mystiques, comment pouvez-vous admettre que ce qui n’a pas de fin, puisse avoir eu un commencement ? Vous répondrez : c’est un mystère. La réponse est facile mais ne saurait me suffire. Eh bien ! moi, humble prolétaire, je vous affirme, avec l’appui de la science, que ce qui ne peut avoir de fin, n’a pu avoir un commencement, donc point de création : ce qui existe a toujours existé. Sous des aspects divers, soit à l’état gazeux, liquide ou solide ; que les sciences, s’appuyant sur l’observation des faits, concluent à l’éternité des atomes ; que toute matière brute et vivante est douée de force ; qu’il n’y a pas de force sans matière, et que, ce que vous appelez âme ce ne sont que les forces ou énergies, inséparables de la matière, qui se manifestent sous forme de mouvement, chaleur, clarté et fluide et, comme la matière, à laquelle elles appartiennent, elles sont indestructibles ; que la vie dans la matière brute et vivante ne s’exerce que par un continuel échange de molécules constitutives, prises au milieu ambiant.

Enfin, pour vous faire la part plus large, je veux momentanément admettre que vos absurdités soient vraies et qu’il y ai eu création ; il faut alors s’entendre sur ce que l’on admet par création. Créer, c’est faire quelque chose avec absolument rien ; cela ne s’est jamais fait, jamais vu, et pour qu’il y ai eu création, il a fallu, que tout ce qui existe, aie été crée avec rien ; c’est surprenant et évidemment, ce ne pourrait être que d’une force terriblement puissante, extraordinaire, puisqu’il n’y a pas de force sans matière — et qu’il est impossible de s’imaginer. Pourquoi alors lui donner le nom de Dieu ? Pourquoi lui donner une ressemblance humaine, l’homme étant le cousin germain des singes, ce n’est guère flatteur pour votre divinité, que de lui octroyer la ressemblance d’un descendant de la race simiesque, — au milieu de plusieurs centaines de mille d’autres espèces, dont il serai soi-disant le créateur ? Le microbe possède des énergies, et si ces énergies s’actionnent en clarté mentale et qu’elles lui suggèrent une croyance divine, il aurait eu tout autant de raison de croire que le créateur des microbes doit être sa propre image. L’exemple lui vient d’en hauts puisque l’homme, animal cultivé et perfectionné et qui croit en Dieu, lui donne sans le savoir une forme humaine. Vraiment, c’est inepte, c’est ridicule.

D’autre part, vous n’ignorez pas que le principe création implique le principe fixité, c’est-à-dire que ce qui a été créé, reste invariable, ne peut se transformer et aurait dû et devrait rester dans l’infini des temps passés et futurs toujours exactement semblable. Et c’est pourtant le contraire qui se produit. Il n’y a pas un seul instant, où, dans les combinaisons et formes existantes, il ne s’accomplisse un travail moléculaire, et vous reconnaîtrez sans peine, que dans cet animal, plein d’orgueil et de prétention, qu’est la bête humaine, des changements se sont déjà opérés et s’y opèrent journellement.

L’embryogénie vous démontrera, que l’embryon humain, aux premiers stades de son développement, est absolument identique à celui d’une chienne, d’une tortue et d’autres espèces ; que en examinant ses premières formes on observe des ébauches des fentes branchiales, lesquelles au lieu de se développer disparaissent, ce qui est une preuve certaine que ce sont des organes rudimentaires, qui se sont atrophiés, mais qui font apparition à l’origine.

Actuellement, nous possédons encore des organes n’ayant plus aucune fonction et destinés à disparaître par suite de leur non fonctionnement, puisque c’est la fonction, qui crée l’organe. Tels sont les muscles de l’oreille, ne pouvant les faire mouvoir, la caroncule ou troisième paupière latérale, l’appendice ou coecum. Il n’y a pas de Dieu.

La paléontologie vous démontrera également, que les espèces vivipares avant d’être placentaires, ont été marsupiaux.

Il n’y a pas de doute, le transformisme existe, donc point de création.

Aussi, j’ai presque la certitude, que dans votre intime pensée, vous ne croyez pas du tout, mais seulement faites semblant de croire. Avec Voltaire, vous dites : si Dieu n’existe pas, il faut l’inventer. Il reconnaissait fort bien pouvoir s’en passer lui-même mais le jugeait utile pour les autres, pour cette raison, que pour asservir l’humanité, il faut une force morale, qui la terrifie et la contraigne à l’obéissance, à la résignation. La force matérielle ne pourrait pas être suffisante pour asservir, le résigné aux misères sociales à qui vous faites entrevoir des joies extra-terrestres après sa morts s’il est bon croyant, ou, des tourments éternels, s’il n’obéit pas aux lois, prétendues divines qui ne sont que l’antichambre des lois humaines.

Mais, prêtres, vous ne dominez l’homme que parce que vous vous emparez du cerveau de l’enfant, au lieu de développer l’initiative et le désir des connaissances utiles, vous dépensez vos efforts, pour lui faire croire, afin qu’il ne cherche pas à savoir, vous obscurcissez sa mentalité par des absurdités ineptes, au lieu de l’éclairer de tout ce qui est vrai, sain et juste, vous le façonnerez pour la servitude et l’exploitation, vous étouffes dans son esprit le sentiment de la révolte contre les injustices, pour qu’il soit préparé à la tyrannie de l’autorité et du capital.

Vous accomplissez une œuvre néfaste, vous êtes tous des fourbes, des misérables à part les croyants, qui êtes ignorants.

Régio