Notes d’actualité

jeudi 28 mars 2013

300.000 tonnes de beurre

La C.E.E. possède une réserve de 300.000 tonnes de beurre dont elle ne sait que faire. Ce qui vient de nous être communiqué. L’année dernière, à cette saison, elle n’en possédait que 100.000 tonnes, et c’était déjà trop. Que fera-t-on de cet excédent qui serait bien employé dans certains pays sous-développés ? Nous l’ignorons. Comme nous ignorons l’importance des autres marchandises excédentaires qui sont accumulées dans l’agriculture, particulièrement des fruits que l’on garde jusqu’à détérioration dans les installations frigorifiques “ad hoc”. Et si ce ne sont pas des fruits ou du beurre, ce sera du vin, des primeurs, etc.

Ce n’est pas d’aujourd’hui. N’empêche que les éleveurs continueront d’augmenter le troupeau de bétail bovin, de vaches laitières, tout en se préparant à revendiquer contre le gouvernement afin de lui soutirer des subsides qui l’aideront à augmenter davantage le troupeau de bétail bovin et les réserves de lait, de veaux, de vaches, de beurre et de sperme de taureau !

Torchons et serviettes

Nous le savions déjà, mais ne l’avions pas assez relevé. Dans les rues de Moscou, il y a un couloir » réservé uniquement aux voitures des hauts dignitaires du régime. C’est ce que nous dit, dans une très intéressante étude sur la vie sociale en U.R.S.S., Robert Lacontre, reporter de talent.

Personne d’autre que ces hauts dignitaires — ou cette haute pègre de l’État — soviéticomarxiste n’a le droit d’emprunter ces couloirs, même aux moments où il n’y passe personne. Le chemin doit être libre pour eux 24 heures sur 24. Et comment un ministre, un commissaire du peuple, un maréchal chargé de décorations, un général, bien botté, un diplomate, un secrétaire, même régional, du parti, pourraient-ils s’en passer, et le régime tolérer qu’un vulgaire homme du peuple, maçon, forgeron, petit employé mette les pieds où tous ces supercamarades de la mafia officielle mettent les leurs ?

Démocratie populaire, oui, mais pas à ce point ! Il ne faut pas exagérer, ni confondre les torchons avec les serviettes !

Traité sino-japonais

Les gouvernants du Japon et ceux de la Chine viennent de signer un traité commercial. Cela prélude-t-il un traité d’alliance… militaire ? Qui sait ! On peut s’attendre à tout d’hommes d’État qui cherchent à jouer un rôle dans le monde. Hier, pendant vingt ans, ce fut la guerre implacable entre les deux pays. Les soldats japonais massacrèrent à cœur joie les Chinois à peu près désarmés. De 25 à 60 millions, nous dit-on. Hommes, femmes enfants, ajoutons-nous. Les gouvernants lancèrent les deux peuples les uns contre les autres. Maintenant, on les fait s’embrasser. Peut-être pour les faire marcher demain contre les Russes… ou les Américains ? Morale des capitalistes, et des hommes d’État.

Les scandales

Il se peut qu’il y ait des erreurs, des mauvais choix dans les exemples que l’ex-fonctionnaire Aranda a choisis pour dénoncer la corruption politico-administrative. Mais malgré ces erreurs, tout le monde est convaincu qu’au fond, l’homme a raison. Simplement parce que c’est une vieille tradition française que l’on retrouve dans toute l’histoire de la Troisième et la Quatrième République, et qu’il serait miraculeux que les milieux politiques actuels se soient assainis totalement. Depuis l’affaire de Panama, en passant par celle de Staviski — et avant le financier Rochette —, où étaient compromis des radicaux, puis celle du socialiste haut perché Félix Gouin, et le scandale Le Troquer, président de la Chambre et compromis à l’affaire des ballets roses… Ils ont bonne mine, ceux qui veulent donner des leçons à la majorité. Et les membres de celle-ci, qui veulent sauver la France !

Raisons suffisantes

La majorité — faible — des Norvégiens s’est prononcée contre l’adhésion à la Communauté européenne. Et certains commentateurs allemands, hollandais, et autres ont trouvé, parmi les raisons de ce refus, celle-ci que nous avons exposée il y a bien longtemps : on n’a pas su appuyer sur les raisons morales, politiques (au sens élevé du mot), idéalistes qui devaient, et qui doivent donner à cette entreprise un caractère élevé, capable de susciter l’enthousiasme.

On a parlé intérêts économiques, vente des céréales, de la viande, du hareng ou de la morue, des textiles ou des machines… Mais l’homme ne vit pas, politiquement, que d’affaires commerciales : il a une vie spirituelle. Et les partis, les gouvernants, les leaders n’ont pas su donner à cette entreprise la grandeur morale qui devait être la sienne. La justification était, et demeure insuffisante.