Au sujet du musée Kropotkine

, par  Desplanques (Charles) , popularité : 3%

Le Libertaire du 25 septembre publie une note sur les conflits relatifs au Musée Kropotkine, à Moscou. Le Comité qui, dès le début de l’existence du musée, s’est fondé à Paris pour le soutenir et qui se tient an courant de tout ce qui touche à sa vie, doit faire la déclaration suivante :

Les faits dont il s’agit nous sont exactement connus par des lettres émanant de camarades dignes de confiance. Nous jugeons inutile de les exposer par le menu ; il suffira de dire l’essentiel :

1° Le Comité qui est à la tête du Musée de Moscou n’est pas, en effet, composé des seuls anarchistes. Nous vous refusons à être juges ici, de loin, des considérations pour lesquelles la veuve de Kropotkine en a décidé ainsi ; son attachement aux idées de son mari, qu’elle a toujours partagées, et son caractère personnel écartent la moindre suspicion quant à ces motifs. La composition du Comité est, d’ailleurs, au plus haut point honorable : sa présidente est Véra Figner, la révolutionnaire russe universellement connue et respectée, qui a passé, dans la forteresse de Schliesselbourg près de trente, années de sa vie ; quant à Cheboline, dont le nom est cité dans la note du Libertaire, c’est également un vieux militant de la révolution, ayant passé de longues années à Schliesselbourg

2° La campagne menée contre ce Comité a eu pour un des principaux chefs, Sandomirsky, dont le nom est bien connu de nos camarades, ici comme en Russie, et dont il a été plus d’une fois question dans le Libertaire.

Khaechardine, qui est un des auteurs du factum de Moscou, appartient à cette Fédération anarchiste-communiste, à la tête de laquelle se trouve Kareline, dont on a plus d’une fois signalé l’attitude conciliante vis-à-vis du gouvernement.

Des membres de cette organisation ont pu, d’autant plus facilement s’infiltrer dans la section anarchiste du Musée que presque tous les anarchistes indépendants ont été emprisonnés, déportés, expulsés. Le fait de l’arrestation de Khaechardine (dont nos camarades russes ne cessent de s’étonner) ne change rien à cette situation.

Il y a deux mois, une lettre d’un de nos meilleurs camarades de Moscou nous prévenait que des écrits calomnieux contre le Comité du Musée et spécialement contre la veuve de Kropotkine allaient être expédiés à l’étranger et que, peut-être, même des faux, des lettres apocryphes allaient être mis en œuvre. Voilà que cette prédiction se réalise.

Nous mettons en garde tous nos camarades contre cette campagne. Nous espérons que cette déclaration suffira pour déjouer les calculs des ennemis déguisés de notre mouvement qui, dans un pays où toute la propagande anarchiste a été étouffée, s’attaquent à la seule institution qui, à Moscou, a pu subsister au milieu des persécutions et où, avec la mémoire de Kropotkine, vit encore l’esprit anarchiste.

Pour le Comité,
Le Secrétaire
Ch. Desplanques

Après la publication par le Libertaire de la note contre laquelle nous protestons, nous avons demandé l’insertion de la présente rectification. Cette insertion nous a été refusée.