Sur la grève des mineurs

vendredi 2 septembre 2011
par  Butaud (Georges)

Un beau mouvement en Angleterre, en Allemagne et même chez nous. Petit à petit, l’Internationale s’élabore, se constitue. D’ailleurs, il n’y a aucune raison sérieuse qui empêche les ouvriers de tous les pays de fraterniser ; les capitalistes à travers la planète ont bien constitué toutes sortes d’unions, d’ententes, de sociétés. Certes, la masse populaire, internationale est une belle collection d’abrutis, mais je ne vois pas en quoi se distinguent les bourgeois : ils ne sont pas moins abrutis mais ils ont des sous !

Les mineurs anglais par leur beau mouvement de solidarité ont prouvé qu’il fallait compter avec eux, qu’un jour viendra où ils prétendront qu’un problème se pose, celui de savoir à qui les mines doivent appartenir : aux propriétaires, aux mineurs ou à l’état. Ce jour-là je serai encore content.

Pour aujourd’hui que je sache qu’ils feront un peu moins de boulot, ça me fait plaisir ; moins les gens et les bêtes sont enchaînés, plus je suis satisfait.

Manifestation antimilitariste — Au lendemain de la manifestation grandiose que suscita le transport du corps d’Aernoult à travers Paris, une grande joie emplit le cœur de tous les antimilitaristes. Nous constations une fois de plus que la masse du peuple en a assez des bat d’af et de toutes les sections et compagnies spéciales, où les chaous martyrisent les types que la déveine a jeté dans leurs griffes. Non seulement les copains qui étaient là manifestaient en faveur de Rousset parce qu’ils pensaient que cette manifestation influencerait le public et le pouvoir, mais encore les deux cents mille manifestants manifestaient surtout contre l’armée, car tout le monde en a assez des armées permanentes : leur temps est fini et ce jour-là Paris l’a bien manifesté.

Certes, nous avons eu depuis les retraites à Millerand, la revue de Vincennes et ça aussi ce sont des manifestations, mais c’est déjà un fort joli résultat que les manifestations des antimilitaristes égalent celles des patriotes. Nous n’avons qu’à persévérer, l’antimilitarisme fait des progrès.

Tout de même, je ne me monte pas le coup sur la manifestation Aernould, sur les mineurs qui sont capables de rester quelques jours en grève. Tous les ans il y a quelque « mouvement » semblable de prolétaires, — un éclair — puis l’esclave, le citoyen retourne à l’esclavage, comme le chien à sa chaîne.

G. Butaud