Le monde ouvrier Finlande

, popularité : 6%

D’un rapport sur la situation en Finlande, que notre camarade John Andersson publie dans le Service de la Presse de l’A.I.T., nous extrayons le passage-suivant :

« Les luttes politiques qui déchirent aujourd’hui le mouvement ouvrier en Finlande ont amené une partie de la classe ouvrière de ce pays à se détacher avec dégout des politiciens et à chercher ailleurs une solution. Ces ouvriers commencent à se rendre compte de la nécessité absolue d’exclure toute lutte politique et de partis du mouvement syndical et que les syndicats doivent être complètement indépendants de tout parti politique. Cette tendance ne commence qu’à se faire jour, mais elle grandira tant que dureront les luttes entre partis, politiques.

Comme exemple du développement des idées syndicalistes au sein du mouvement ouvrier finlandais, citons la déclaration du syndicat. des métaux de Björkboda, proposée au dernier Congrès national des syndicats finlandais :

« Le mouvement syndical de Finlande est entré dans une période critique, quand la lutte des partis politiques pour la domination et le contrôle des organisations syndicales a pris des formes exceptionnellement aiguës.

« La seule issue qui puisse sauver l’organisation nationale d’une scission consisterait à ce qu’elle se déclare indépendante de tout parti politique et qu’elle se décide à éloigner de son sein les querelles de partis.

« Le mouvement syndical doit être ouvert à toute la classe ouvrière en sa qualité de salariée. La lutte économique qui doit être menée par l’organisation syndicale du pays doit unir tous les travailleurs, indépendamment de leurs conceptions politiques. La centrale syndicale doit sauvegarder la lutte de classes et non les intérêts de partis.

« Mais, dans le but de tenir la classe ouvrière unie sur ce terrain, il est indispensable d’exclure la lutte de partis du sein des organisations ouvrières. Ces dernières ne doivent pas se transformer en une organisation de parti. Ceci ne signifie pas que l’organisation syndicale doit devenir une organisation amorphe et composée de jaunes. Les syndicats ne doivent pas s’occuper exclusivement de l’amélioration de la classe ouvrière dans les limites de la société actuelle, ils ont aussi le devoir socialiste de prendre en leurs mains la production sociale de l’avenir.

« L’organisation de la production par les producteurs, au compte de toute la Société, tel est le pivot de la transformation sociale du capitalisme au socialisme. C’est en premier lieu, un problème économique et industriel et c’est aux organisations de la classe ouvrière de le résoudre. »

Le Congrès accepta la thèse du syndicat des métaux de Björkboda comme compromis entre les thèses social-démocrate et communiste.

Sur la question de l’affiliation internationale, le Congrès décida d’annuler la décision du dernier Congrès d’adhérer à l’I.S.R. de Moscou, et de rester en dehors de toute affiliation internationale.

Le camarade John Andersson termine son exposé en disant qu’il est improbable que ce Congrès de compromis et que l’élection d’un Exécutif mixte (10 social-démocrates et 20 communistes) renforce le mouvement syndical finlandais. Au contraire, il n’y a aucun doute que ces deux partis continueront, au sein des syndicats, leurs intrigues politiques.

La seule issue possible — c’est le syndicalisme révolutionnaire qui rejette toute ingérence de parti dans les organisations économiques de combat.