Pologne : Un mouvement anarchiste, oui !

lundi 4 juillet 2011
par  Groupe anarchiste inter-villes (Pologne)

Voici la traduction intégrale d’un texte émanant de Gdansk qui circule dans différentes villes du pays et que nous venons de recevoir de Poznan. Edward Abramowski, auquel se réfèrent les auteurs de l’appel, est un philosophe et sociologue de Varsovie, mort en 1915, qui représentait dans le mouvement anarchiste polonais du début du siècle le pôle coopératiste, individualiste et affinitaire.

L’anarchie peut être interprétée comme une possibilité illimitée de rencontre des individus — nous nous éloignons, certes, de ce qu’elle signifiait au départ, mais c’est ainsi qu’il faut la formuler. Nous entendons par là aussi bien un ensemble d’attitudes individuelles qu’une tentative de conception nouvelle de la vie de la société conçue comme une communauté (rzeczpospolita) d’amis. À partir de ce principe, en accord avec la pensée de Edward Abramowski, nous appelons à une conspiration générale contre l’État, fondée sur le constat que l’amitié est le principal élément de valeur dans le développement de la société et le seul critère qui permette d’en mesurer la supériorité. De même, le développement individuel (la valeur de l’homme) c’est sa capacité d’amitié. Il s’agit du seul point sur lequel le bien de la société se confond avec celui de l’individu.

De nombreux signes sur terre, dans le ciel et, en particulier, sur les murs démontrent que beaucoup de gens manifestent un penchant pour l’anarchie. En général, cela se limite à une attitude individuelle et à la négation de toute autorité, sans aller jusqu’à une attitude sociale ou à des actions constructives. Le plus souvent, groupes et individus ne sortent pas de leur propre ghetto. Le fait d’en rester là, socialement et intellectuellement, conduit tout droit au suicide : soit nous passons aux yeux des gens pour des fous ou des provocateurs, soit nous devenons, nous-mêmes, sujets aux dépressions et aux utopies. Plutôt que d’être acculés à des positions de plus en plus extrêmes, élargissons notre marge d’action au sein de la société.

Le mouvement anarchiste devrait être, non pas une quelconque organisation dotée d’une structure précise et orientant l’action de groupes particuliers, mais la manifestation de la tendance visant à expulser l’État de tous les domaines de la vie, tant de la société que de l’individu, et à le remplacer par une libre coopération entre les groupes. Dans notre action, nous pouvons coopérer avec quiconque, sans tenir compte de son appartenance (politique), à condition cependant d’être conscients qu’une telle coopération prendra fin dès lors que le partenaire voudra transformer l’initiative de base en un nouveau système.

Nous tenons, en particulier, à appuyer toutes les actions en faveur des droits de l’homme, contre le militarisme, l’exploitation des travailleurs, la censure et les mensonges des médias. De même, nous appuyons les actions écologistes, les initiatives de la base dans le domaine de l’économie, et les manifestations créatives non institutionnelles. Notre intégration peut se manifester par des rencontres, des festivals, l’entr’aide lors de l’organisation de spectacles de marionnettes, concerts de rock, soirées de poésie, cabarets, expositions, projections de films, manifestations de rue, diaporames, happenings et autres subtiles émotions. Notre esprit d’entr’aide se manifeste également à l’occasion de la diffusion ou la constitution de notre documentation ainsi que pour assurer leur propagation au travers des bibliothèques anarchistes et en mettant en place un réseau de communication, un forum d’échange de réflexions, d’idées et d’informations, sur nos actions.

Les milieux anarchistes de Gdansk lancent cette action en créant le Groupe inter-villes anarchiste. Ce qu’il deviendra, cela dépend de toi !

Coopère, crée des groupes anarchistes libres, va dans le peuple !

Bureau d’information du Groupe anarchiste inter-villes