Se souvenir

, par  Ba Jin , popularité : 3%

 [1]

Récemment, et à plusieurs reprises, j’ai rêvé que j’étais revenu au temps où l’on chantait haut et fort des « opéras modèles ». En me réveillant, je me suis senti chaque fois mal à l’aise. Vingt ans après, comment pouvais-je me montrer aussi faible ? Dans le dernier « Au fil de la plume » [2], j’évoquais comme une éventualité le fait qu’on rentre de nouveau dans les « étables » pour y couper sa queue. Serait-ce que je croie vraiment que les intellectuels sont pourvus d’une queue qu’on appelle le « savoir » et qu’il leur faut la couper ? Veuillez ne pas vous moquer de ma sottise. Il fut un temps, un temps assez long, où j’aurais certainement cru cela et où je me serais même résolu à laisser couper la mienne. Ainsi, il y a vingt ans, quand on m’a enfermé dans une « étable », je m’étais résigné à rester un « bœuf » toute ma vie, je me tenais pour un être inférieur, et j’enviais terriblement le sort de ceux qui se considéraient comme supérieurs à moi. A l’époque, seuls ces derniers avaient qualité pour chanter les « opéras modèles » ou pour les fredonner. Dès lors, qu’on ne s’étonne pas d’apprendre qu’entendant récemment des gens chanter des « opéras modèles », et quand bien même ils n’aient pas été costumés et maquillés, je me sois souvenu que nous avions déjà vécu une période où l’on distribuait arbitrairement les gens par catégories, une époque où le « savoir » constituait une queue criminelle. Dix années terribles, difficiles à supporter, et qui, semblables à des ombres de démons gigantesques, surgissaient à nouveau sous mes yeux. J’ai compris alors qu’en disant la dernière fois que « les étables avaient été démolies depuis longtemps », je n’avais prononcé qu’une parole vide de sens. Pendant ces dix années, je suis entré dans des « étables » de toutes sortes, et il suffisait que quelqu’un me débusque comme « bœuf » pour que la première pièce venue fasse office d’« étable ». Pas plus qu’on n’avait eu à les « construire », on n’a eu à les « démolir ». Jusqu’à présent, j’ai souffert d’une peur chronique, et cela ne saurait expliquer que mon manque de force, ou plutôt ma faiblesse. Mais durant ces dix années, en fin de compte, combien ai-je rencontré d’hommes forts ? Au terme d’une suite incessante de mouvements grands ou petits, même celles de mes nombreuses vieilles connaissances qui possédaient un tant soit peu de vigueur l’ont perdue. Qu’on « trace un cercle par terre en guise de prison » et personne n’osait en sortir. On se serait encore cru à l’époque de l’empereur Wen de la dynastie des Zhou [3]. Nous craignions, moi y compris, les « ordres » des factions rebelles, ces « ordres » qui relevait en fait du procédé féodal (tout ce qu’a propagé la « Bande des quatre » ont été des produits locaux féodaux). Aujourd’hui, vingt ans plus tard, nos yeux doivent se dessiller, ils doivent véritablement « discerner » [4]. Même si les nombreux « vachers » du passé vaquent à leurs occupations ici ou là comme s’ils étaient à l’affût, il suffit que nous refusions de retourner dans les « étables » pour qu’aucune « parole de jade sortie d’une bouche d’or » [5], pour qu’aucun procédé magique, ne transforme un homme en animal. Et s’ils ne disposent d’aucun bœuf, aussi nombreux soient-ils, les « vachers » se révéleront impuissants !

Le problème réside en ceci : prenons-nous nous-mêmes au sérieux, respectons-nous. Si l’on agit de cette façon, nous n’aurons rien à craindre. Mon ami déterminé « à ne plus entrer dans une étable » a probablement entièrement raison et je ne l’en estime que davantage.

Quand il est revenu me voir à l’hôpital, nous avons poursuivi notre conversation.

Prenant un siège, il m’a demandé :

— Craindrais-tu, aujourd’hui, qu’on te débusque pour te couper la queue ? Et sans attendre ma réponse, il a enchaîné :

— Les queues existent-elles, oui ou non ? Regarde, il est évident qu’on joue sur les mots. Or, tout le monde a été manipulé ainsi au cours de ces années-là. Quel gâchis ! Il y a peu, je viens encore de lire dans une revue littéraire un roman, Cinq filles et une corde. Cinq demoiselles charmantes se tuent en se pendant à une corde, croyant qu’elles verront le paradis. En imaginant ces jeunes filles pures, une grande tristesse m’a gagné. Elles aussi sont des victimes de la « Révolution culturelle ». Des gens de toutes sortes et de toutes conditions sont devenus des victimes de ce « jeu de mot ». En prenant pour point de départ l’opposition au savoir, cette « Grande Révolution » a prouvé une chose : anéantir le savoir ne revient à rien d’autre qu’à demander à tout le monde de s’en remettre à une corde du soin de les mener au paradis. Le peut-on ?

N’attendant pas qu’il finisse, je suis intervenu en lui demandant :

— Les fils de famille noble sont-ils eux aussi des victimes de la « Révolution culturelle » ? C’est ce que tu soutenais la dernière fois.

Il a répondu sans ambages :

— Aujourd’hui, je vois encore les choses de cette façon. Tu dois te souvenir de ces années où nous nous trouvions à l’École du 7 mai [6] de Fengxian [7]. Le vieux Wang, qu’on avait mis à l’écart avec nous, avait sollicité à plusieurs reprises un congé pour rentrer chez lui et s’occuper des affaires de son fils. Comme lui et son épouse étudiaient et travaillaient à l’école des cadres, ils ont dû se résoudre à laisser leur jeune enfant âgé de neuf ans à la maison. Les voisins étant également incapables de s’en charger, l’enfant a commencé à tomber entre les mains de petits voyous, et, subissant leur influence, il a commis de mauvaises actions. Pour finir, les vieux Wang se sont vus dans l’obligation d’envoyer leur fils dans la famille de la tante maternelle, à Ning Bo, en la priant de s’en occuper à leur place. A coup sûr, les histoires de ce genre n’ont pas manqué à l’époque. On ne laissait pas les parents s’occuper de leur progéniture, et on ne trouvait pas de professeurs pour s’occuper d’elle. Comment auraient-ils pu échapper aux voyous ? Les gens qui ne disposaient d’aucun autre moyen ont dû se résigner à abandonner fils et filles aux mains des voyous. Du temps que leurs parents « marchaient sur la voie du capitalisme » ou étaient des « renégats », qu’on isolait pour enquêter sur eux ou qu’on critiquait et qu’on luttait, ces fils de famille noble étaient déjà tombés entre les mains de voyous et recevaient leur « éducation ». Ceux-ci, usant de procédés divers, ont formé les fils de famille noble contemporains. Dans les films de fiction ou dans les feuilletons qu’on passe à la télévision aujourd’hui, tu peux aussi voir des scènes analogues. Te souviens-tu qu’à l’époque ils incitaient les jeunes écoliers à confisquer les biens, à frapper les gens, à occuper de force les maisons pour y établir leur quartier général ? Et le rez-de-chaussée de ta maison, n’a-t-il pas été aussi occupé ? En 66, la rumeur a circulé un moment selon laquelle on ne laisserait pas les lycéens faire partout table rase des quatre vieilleries [8], et Zhang Chunqiu [9] a publié sur le champ une déclaration pour que les écoliers continuent de descendre dans la rue. Ce soir-là, beaucoup de gens ont subi un malheur. T’en souviens-tu ?

— Comment pourrais-je ne pas m’en souvenir, ai-je répliqué. Ce soir-là, quelques lycéens ont franchi le mur. Celui qui se tenait à leur tête n’avait pas plus de quatorze ou quinze ans. C’était un enfant de cadres, venu de Pékin. Avec la boucle en cuivre de son ceinturon, il a frappé Xiao Shan [10] et l’a blessé à l’œil. Ils ont fait du tapage durant quelques heures, et pour finir, ils nous ont séquestrés dans les toilettes, Xiao Shan, moi, ainsi que mes deux sœurs cadettes et ma fille âgée de vingt et un ans. Ils ont emporté ce qu’ils voulaient. La porte des toilettes avait beau ne pas être fermée à clef, plus d’une demi-heure après qu’il soient partis, nous n’avions pas encore osé l’ouvrir pour sortir. Le lendemain matin, de bonne heure, Xiao Shan a fait un rapport à son unité de travail, mais en pure perte. Les écoliers ont continué de se comporter de la sorte, fouillant à leur guise et s’emparant de ce qu’ils voulaient. Pourtant, aucun d’eux n’a jamais touché ni au placard à vêtements ni à la bibliothèque sur lesquels l’unité de travail avait posé des scellés. Au bout d’un peu plus d’un an, environ, l’unité de travail nous a demandé, à toute la famille, de déménager au rez-de-chaussée, et sur les portes des pièces situées à l’étage des scellés ont été posés. Ensuite, des étudiants ont « tenu garnison » dans notre unité de travail. Dès leur arrivée, nous, les « bœufs », nous avons été convoqués pour un interrogatoire. On faisait mettre des gens à genoux dans le hall. Certains étaient frappés à qui on cassait des dents. Cette unité de travail était alors la section de l’Association des écrivains, et les écrivains présents étaient considérés comme des « bœufs » et se voyaient soumis à toutes sortes d’épreuves. Nous avons atteint vraiment le comble de l’ironie ! L’événement suivant s’est produit probablement au cours de la dernière décade du mois de janvier 68. Ce jour-là, alors que l’interrogatoire touchait à sa fin, le chef de la faction des rebelles nous a fait venir sur la pelouse pour nous réprimander. Après avoir essuyé ses offenses, nous avons encore été injuriés et personne n’a osé broncher. J’ai quitté l’unité de travail en compagnie d’un ami qui partageait la même « étable » que moi, et nous avons fait route ensemble pour rentrer chez nous. Je lui ai dit ceci : « Prend soin de toi ». Il m’a répondu avec douleur : « Dis moi comment faire ! » Ce jour-là, malade, il était resté chez lui. Pendant la réunion, on est allé le chercher exprès. Il ne savait pas alors quel était l’objet de la réunion. A ce moment-là, je n’étais déjà plus semblable à Wu Ji, le bucheron de l’empereur Wen de la dynastie des Zhou. Pourtant, si je ne croyais pas complètement à l’« injonction » contenue dans la formule « tracer un cercle par terre en guise de prison », je la redoutais et j’étais obligé de m’y conformer. Je comprenais aussi que, totalement désarmé, mieux valait, à ce moment-là, me soumettre aux quatre volontés des autres. Mon cerveau était empli de pensées confuses. Je me suis souvenu de l’unique pouvoir magique dont je disposais : la purification de l’âme par l’acceptation des épreuves. Mais endurer les épreuves avec obstination, cela conduisait-il vraiment à une purification de l’âme ? Par-dessus tout, nous désirions vivre.

Mon ami m’a coupé la parole. Il a dit :

— Tu ne veux pas dire plutôt qu’« à force de persévérance, on finit par gagner » ? Nous tous, nous nous sommes dit cela. Seuls ceux qui ont persévéré sont encore là maintenant. Mais ces enfants, ces jeunes gens, ont franchi les obstacles, ont vu la société, s’y sont élevés et ont été abattus. Je me souviens d’une affaire. En 67, quand mon fils a été envoyé à la campagne, dans l’Anhui, pour s’y installer, je suis allé l’accompagner à la gare. Les voitures étaient bondées de jeunes gens et quand le train s’est ébranlé, on entendait les sanglots de ces enfants. Pourquoi ne leur laissait-on pas poursuivre sagement leurs études ? Je n’osais y penser. Ce soir-là, la neige tombait à gros flocons. J’ai quitté la gare et comme je ne suis pas parvenu à me glisser dans l’autobus, j’ai fait le chemin à pied et je suis rentré tard chez moi. Mon épouse s’inquiétait pour moi, elle s’inquiétait aussi pour notre enfant. Contenant ses pleurs, elle m’a pressé de questions. J’ai dit que notre enfant était très content et qu’il avait entonné des chants révolutionnaires avec ses camarades de classe en quittant Shanghai. Elle ne m’a pas cru. Elle pensait à notre enfant et n’a pas fermé l’œil de la nuit. À l’époque, quelle famille n’a pas connu cela ? Pour ce qui me concerne, je n’ai rien à dire, mais vis-à-vis de la génération de nos enfants je ne peux que me désoler.

J’ai dit :

— Estimons-nous heureux. Tes enfants et les miens ne sont pas tombés entre les mains de voyous. Nous l’avons échappé belle ! Sinon, qu’aurions nous fait ? Chaque fois que j’y songe, cela m’effraye vraiment.

Il a dit :

— Rassure-toi, tes enfants comme les miens n’avaient pas l’étoffe de fils de famille noble. Si ces fils de famille noble sont des « victimes », ils n’en ont pas moins nui à des gens. Mais s’ils portent une part de responsabilité, les autres en portent une aussi. En revanche, une autre chose m’inquiète. A cette époque, à chaque fois que nous ouvrions la bouche, c’était pour déclarer : « suivons de près » [11]. Par bonheur, les engagements étaient purement verbaux et rien d’autre, et des occasions de « suivre de près » ne se sont jamais présentées. Autrement toi et moi nous serions devenus des complices de la « Bande des quatre » et nous aurions été exécrés pour l’éternité [12]. Quand je songe à cela, je ne peux m’empêcher d’avoir des sueurs froides. Vingt ans se sont écoulés. Maintenant, chaque jour se tiennent des réunions de commémoration. On célèbre la mémoire de ceci, on célèbre la mémoire de cela. Ne faudrait-il pas tenir aussi une réunion pour célébrer le vingtième anniversaire de la « Révolution culturelle » ou fêter le dixième anniversaire de l’écrasement de la « Bande des quatre » ? Pour ne plus être un « boeuf », j’entends utiliser mon cerveau et réfléchir, me tenir debout, avancer la poitrine et être un homme !

— Pas facile ! ai-je dit en hochant la tête. Certains disent : « Nous devons oublier le passé ». Certains mettent tout au compte la « Révolution culturelle ». Certains espèrent l’annuler d’un trait de plume, et il s’en trouve même pour en souhaiter une nouvelle. Certains ont vu leur famille disloquée et leur foyer détruit à cause de la « Révolution culturelle » et en gardent les blessures sur tout le corps. Certains ont tiré avantage de la « Révolution culturelle » et caressent encore ce vieux rêve : ils espèrent que l’occasion se représentera où, déployant leur pouvoir magique, ils changeront des hommes en « bœufs ». C’est pourquoi, en entendant chanter des « opéras modèles » certains applaudissent à tout rompre tandis que d’autres tremblent de la tête aux pieds. Ce qui nous amène à dire, puisque vingt ans après la douleur se ravive lorsqu’on y repense, qu’il convient de prendre ce problème au sérieux, de se prendre soi-même au sérieux, et qu’il est temps de réfléchir aux conséquences des erreurs que nous avons nous-mêmes commises. Tout le monde devrait dresser un bilan. Le mieux serait de construire un « musée », un « musée de la Révolution culturelle ». Je me suis enfin soulagé des paroles que je dissimulais en moi depuis dix ans.

Il a dit :

— J’ai lu l’article que tu as écrit sur « l’Histoire du camp de concentration d’Auschwitz ». Il a produit sur moi un grand choc. J’avais l’impression de visiter moi-même cette usine à massacrer, des nazis. Je pense, moi aussi qu’on doit commencer à réunir toutes ces choses hideuses, obscures, cruelles, épouvantables, sanglantes, à les exposer, sans en dissimuler aucune, et à demander aux gens de bien les regarder pour en graver l’image dans leur mémoire. On ne peut tolérer que de tels événements se reproduisent. Pour qu’on ne nous tienne plus jamais pour des bœufs, persuadons-nous d’abord nous-mêmes que nous ne sommes pas des bœufs, que nous sommes des être humains, que nous sommes des êtres dotés d’un cerveau capable de raisonner !

— C’est juste, c’est juste. (J’ai exprimé mon accord sans attendre.) Ce pouvoir magique a débuté sur des jeux de mots. Nous devons bien réfléchir, bien examiner, cette transformation, ce processus, ce mensonge, cette escroquerie, cette calamité sanglante, cette tragédie propre à briser les cœurs, cette farce où tous intriguaient contre tous [13], cette lutte cruelle et sans merci… Pour tous ces jeux de mots… Pour ces dix années d’épouvantes, nous devons fournir une explication à nos enfants, à nos petits enfants et aux générations futures du peuple chinois.

C’est pourquoi il faut construire un musée, un musée du souvenir. J’abonde sans réserve dans le sens de ta suggestion. Il faut que chacun fixe dans sa mémoire les paroles proférées et les actes accomplis par lui-même ou les autres au cours de ces dix années. Non pas pour empêcher les gens d’oublier les amours et les haines du passé. Nous entendons seulement réaffirmer notre volonté de nous souvenir de la responsabilité que nous portons, de la responsabilité que nous devons assumer à l’égard de ces générations qui ont supporté la grande catastrophe de la « Révolution culturelle », qu’on en ait été une victime ou un malfaiteur, qu’on appartienne à la génération antérieure ou à la génération postérieure, qu’on ait ou non levé la main ou acquiescé de la tête en faveur de la « Révolution culturelle », qu’on ait été de la faction des rebelles, de la faction engagée sur la voie du capitalisme ou de la faction des bienheureux [14], qu’on ait été un dragon, un phénix ou bien un bœuf et un cheval, en demandant à chacun de venir ici pour se dévisager dans un miroir, pour contempler ce qu’il a accompli personnellement en faveur de la « Révolution culturelle » ou pour s’y opposer. S’il en allait autrement, comment rembourserions-nous la dette que nous avons contractée vis-à-vis de nos enfants, de nos petit-enfants et des générations futures, cette dette dont nous devons absolument nous acquitter !

Sa voix est devenue rauque.

J’ai serré sa main avec beaucoup d’énergie.

Ba Jin
1er avril [1986]
(trad. du chinois A. Pino)

[1 Sui xiang lu [au fil de la plume], Librairie Sanlian, Pékin, 1987, L 2, pp. 780-787.

[2« Les Étables », cf. supra.

[3L’histoire concernant l’expression : « tracer un cercle par terre en guise de prison et planter un piquet en guise de geolier » et le bucheron Wu Ji figure dans le chapitre 23 du Feng Shen Yanyi (note de Ba Jin). [Le Feng Shen Yanyi (le roman de la canonisation des dieux) est un roman anonyme de l’époque Ming.] 

[4Détournement d’un slogan célèbre en vogue durant la « Révolution culturelle » : « Aussi rusés soient les ennemis de classe, les yeux du peuple sauront les discerner. »

[5Métaphore désignant le propos d’un dieu ou de l’empereur. Se dit du discours que tiennent les autorités.

[6Les « Écoles du 7 mai pour cadres » (ainsi nommées par référence à une lettre adressée par Mao à Lin Biao le 7 mai 1966) furent des internats de rééducation au grand air où l’on envoya les intellectuels chinois apprendre à planter des melons. On évalue à 20 millions le nombre de ceux qui les fréquentèrent entre 1966 et 1978.

[7Ba jin a été envoyé à Fengxian en février 1970. Il en est revenu définitivement deux ans et demi plus tard, après la mort de sa femme, en août 1972. (cf. Li Hui, Chen Sihe, Li Cunjuang, « Ba Jin shengping ji wenxue huodong shilüe » [épitomé de la vie et des activités littéraires de Ba Jin], in Li Cunguang, Ba Jin yanjiu ziliao [matériaux de recherche sur Ba Jin], vol. 1, Haixia wenyi chubanshe, Fuzhou, 1985.)

[8A savoir : les vieilles idées, la vieille culture, les vieilles coutumes et les vieilles habitudes.

[9Ancien journaliste et idéologue fou, cerveau de Jiang Qing (Mme Mao), un des membres, avec cette dernière, Yao Wenyuan et Wang Hongwen, de la célèbre « Bande des quatre ».

[10Il s’agit de l’épouse de Ba Jin, aujourd’hui disparue.

[11Suivons de près la ligne du président Mao, suivons de près la ligne de Lin Biao, etc.

[12Littéralement : « laisser la puanteur pendant dix mille ans ».

[13Littéralement : « fouillaient les cœurs et luttaient avec les cornes ».

[14Sous ce nom, on classait, durant la « Révolution culturelle », ceux qui « mènent campagne pour l’ultra-démocratie et refusent de prendre en main quoi que ce soit » (cf. le Wenbui bao, Shanghai, 21 juin 1967 et le Quotidien du peuple, 25 juin 1967.)