Vagabond ou forçat

samedi 17 juillet 2010
par  Joran (Georges)

Venu sans capital autre que ta vigueur,
Avant qu’il soit trop tard et que rien ne te reste,
Avant que des années l’implacable rigueur
Tue en toi le désir de l’audace et du geste :
 
Si tu veux des plaisirs goûter un peu ta part
Laisse là sans regret les charges de ta classe ;
Si tu veux du soleil, de l’air pur, du hasard,
Que ton âme le soir se sente un peu moins lasse :
 
Dans le seul choix que t’offre un tragique destin :
Un bagne ou la grand-route, ami, point de faiblesse,
Deviens un vagabond. Par un joyeux matin,
Ivre de liberté, va-t-en, le cœur en liesse.

Georges Joran