D’un certain individualisme

, par  Candide (E. Armand) , popularité : 3%

Il Popolo d’Italia publiait récemment le texte d’un télégramme daté de Catane (Sicile) adressé par le Commandeur Massimo Rocca au Président du Conseil, l’honorable Mussolini, télégramme dont voici la teneur : « Résumé des observations sur le front lavique : Sur la route provinciale l’avance de la lave est presque nulle. » Si ce télégramme ne présente d’extraordinaire à la lecture que sa grandiloquence, son signataire n’est pas un inconnu pour nous : il n’est autre que notre ancien ami individualiste Libero Tancredi, un écrivain doué d’une intelligence remarquable, dont nous avons traduit des études très intéressantes sur l’économie politique, qu’on n’avait pas coutume de rencontrer dans nos publications.

Libero Tancredi rompit avec la plupart de ses amis intellectuels quand la guerre de 1914-1918 éclata. Il se montra partisan acharné de l’intervention italienne aux côtés des alliés. Il ridiculisa la métaphysique, les vieilles barbes de l’anarchisme. Et sa polémique était cinglante. D’ailleurs il s’engagea.

Son retournement de veste lui a valu le titre de Commandeur de Sa Majesté Emmanuel III et un poste où il est gardé, surveillé et respecté par les policiers. Il a parcouru du chemin, comme on voit.

Les compagnons italiens n’ont plus rien à nous envier, à nous autres. Un Libero Tancredi enlisé dans le mussolinisme compense un Le Rétif envasé jusqu’au cou dans le soviétisme.

Candide

Le Commandeur Massimo Rocca était membre de la direction du Parti, chef du groupe des compétences, membre du grand Conseil fasciste. C’est en ces qualités qu’aux côtés du ministre Carazza, du Préfet de Catane, de députés siciliens et d’officiers supérieurs il reçut lors de sa visite aux régions dévastées par l’éruption de l’Etna « le Lion d’Italie ». Des nouvelles ultérieures nous font savoir que Rocca vient d’être expulsé du parti par la junte exécutive fasciste sous mobile d’indiscipline grave et d’indignité politique. Il ne faut voir là qu’un épisode de la lutte entre « fascistes » et « mussolinistes ».

C.