Dieu

vendredi 16 juillet 2010
par  Jean (Théodore)

Le nommé Dieu, c’est toi, Nature,
indifférente au mal, au bien,
Que rien n’émeut, qui ne dis rien,
Et dont l’Homme, ta créature,
Subit quelle antique torture !
 
On t’adresse prières, vœux,
Aussi stériles, aussi creux
Qu’un tourbillon de vent qui passe !
Rien tu ne peux, rien tu ne veux,
O sourd, muet, aveugle Espace !
 
Mieux aurait, valu le Néant,
Le vide dans tes noirs abîmes,
Que cette planète de crimes,
De guerres se perpétuant,
Dont tes enfants sont les victimes !
 
Est-ce pour tes félicités
Que par des calvaires tu mènes
Les générations humaines
Aux suprêmes atrocités
D’où renaissent les mêmes peines ?
 
Nos continents ne sont qu’un bois
De banditismes séculaires,
Où, du haut de leurs vieux repaires,
Des vautours, des prêtres, des rois
Tiennent les peuples en leurs serres !
 
Sur tous les droits exterminés,
Sur toute liberté qui râle,
Leur Justice règne intégrale !
Il faut, exploités et bernés,
Vous conformer à leur Morale !
 
Salariés, Déshérités,
C’est vous, conscients, innombrables,
C’est vous, puissances formidables,
Qui dicterez vos volontés
De n’être plus des misérables !
 
C’est vous, les valets, à genoux
D’un Possédant, d’un Chef, d’un Prêtre,
Qui, depuis le premier ancêtre,
Servez, esclaves, c’est vous tous,
Qui régnerez sans Dieu ni Maître !

Théodore Jean