D’économie sociale

, par  Véber (Paul) , popularité : 4%

Ceci n’est qu’une opinion.

Elle vaudra suivant l’idée préconçue que ce forgent malheureusement la majorité des individus.

Étant sans prétentions, elle est livrée seulement à la méditation de ceux qui en prendront connaissance.

La voici !

En général, l’on s’est fait, dans les milieux dits avancés, une fausse idée de l’économie sociale, et de sa valeur en tant que philosophie matérielle et morale.

Une déviation profonde, causée par de fausses interprétations s’est opérée sous son couvert, parce que l’idée dominante du révolutionnaire a relégué au dernier plan, le besoin, plus encore, la nécessité d’apprendre à se diriger, s’organiser s’administrer.

Savoir gérer son activité est devenu fastidieux.

Violenter celle des autres est, au contraire, reconnu comme un brevet de capacité indiscutable.

Étudier le problème d’organisation pratique de la vie en société en se basant sur les enseignements innombrables que nous fournissent la nature et les expériences vécues, ne compte pas.

Au contraire, défendre, comme un principe intangible, une théorie basée sur la violence et l’ignorance, puis décider en petit comité, que telle est la loi du monde, sans autres préoccupations que de satisfaire son orgueil et son ambition. Voilà qui est bien.

Vouloir connaître dans l’ensemble la valeur réalisatrice d’un mouvement, après en avoir recherché tous les détails utiles et applicables, non sans s’être débarrassé de tout ce qui pouvait nuire à l’harmonie générale. Cela n’intéresse pas, du fait même qu’un effort intellectuel est à accomplir.

Ce qui parait intéressant, c’est discuter – ou plutôt discutailler – à perte de vue sur des sujets bénins, peu en rapport avec le problème à résoudre et avec le rôle que l’on s’est assigné. C’est déterminer sans bases solides, le moment et l’heure d’une action stérile dans laquelle les participants effectifs sont entraînée sans en connaître les raisons, ni les motifs exacts, ce qui provoque les déchirements, les divisions et en fausse toujours les résultats déjà problématiques.

Essayer de comprendre et d’estimer à sa juste valeur chacune des manifestations de la vie, de sa propre vie, et rectifier au mieux les erreurs commises par les autres et par soi-même.

Améliorer son existence en entraînant sur cette route bienfaisante ceux qui vous entourent. Élever son esprit pour le libérer d’un dogmatisme en même temps que d’assainir son corps.

Tout cela n’est rien.

Car ce n’est pas satisfaire l’égoïsme triomphant, qui exige que tout ce qui est fait par soi- même est bien et par conséquent repousse toute impression d’erreurs. Comme il est inutile d’améliorer l’existence commune, il n’est pas utile non plus de s’élever en élevant les autres pour débarrasser les esprits faussée de tout ce qui les encombre.

Il n’est pas jusqu’aux relations et aux rapports entre individus qui ne se trouvent imprégnés de ce fâcheux état d’esprit.

La valeur des uns et des autres n’a pour étalon que la puissance de leurs cordes vocales ou de leur musculature.

La classification en ennemis ou en amis est subordonnée, non pas à la capacité morale et matérielle de celui à qui elle est appliquée, mais plutôt à son allure, sa structure ou à sa façon tonitruante, d’exprimer une pensée qui est aussi trouble qu’impersonnelle.

Rien que cette forme de relations et de rapports entre ceux qui, inéluctablement, doivent composer une société, démontre à quel degré d’incompréhension l’on en est arrivé de ce qui serait réalisable, sur le terrain pratique d’un système social économique.

Ce qui nous apparaît vrai pour l’individu, c’est également et par répercussion pour les organisations – dites d’extrême gauche – existantes, encombrées par l’incapacité et la suffisance.

En tenant compte de tout ce qui précède, est-il possible d’envisager un rapprochement vers une interprétation plus exacte, plus véridique de ce vaste sujet, l’économie sociale, dont se réclame avec véhémence chacun de ceux qui se déclarent les champions de la transformation de la société.

Nous aurons l’occasion, plus tard, tout en établissant la part de tous dans l’existence de ces fausses interprétations, de revenir sur la possibilité de les faire disparaître.

Veber