Echos

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O logique

Édouard Herriot déclare dans L’Avenir : « Dans les temps prochains, l’une des deux contrées, Allemagne ou France, sera condamnée aux travaux forcés ».

Mais, quelques lignes plus loin, il réclame : « Nous voulons simplement pouvoir travailler. Un pays qui a trois cents milliards de fortune et cent quatre-vingt milliards de dettes ne peut plus travailler ».

Naturellement cette logique émerveille les puissants dialecticiens de L’Action Française. Elle cite avec admiration et proclame en lettres italiques : Édouard Herriot parle.

Tu parles ?…

Mais, au Martigues de Charles Maurras, on trouvera peut-être que cet homme qui a peur tout ensemble de travailler et de ne pas travailler « déparle ».

Un de plus !

Voici qu’avec le printemps les feuilles poussent. La contre-Révolution internationale s’adorne d’un organe nouveau, qui ne met pas son programme dans sa poche, oh non ! car il s’appelle La Garde Blanche… tout simplement.

À grand renfort d’arguments empruntés pour la plupart aux bibliothèques des Pères, MM. Albert Boliengier, Jean de Magnieu et autres folliculaires ultra-conservateurs, partent en guerre contre la Révolution et… les sociétés secrètes.

La thèse n’est pas neuve.. De nombreux prêtres, moines, diacres et sous-diacres de tous bénitiers y ont naguère travaillé.

Le plus étonnant est que la Garde Blanche félicite Péricat pour sa franchisse, à propos de l’attentat de Cottin.

Mais, nobles seigneurs de la Garde Blanche, s’il y avait beaucoup de Péricat en France vous pourriez graisser vos bottes.

Simple question à ces messieurs de la Garde Blanche : Que pensent-ils de l’action des Jésuites dans l’histoire ancienne, moderne et contemporaine ?

Phynance

Un argentier italien, M. Luzzati, vient, d’avoir une idée originale. Il a lancé l’idée d’une grande loterie mondiale pour l’amortissement des dépenses de guerre. Voila qui est d’une haute moralité !…

Les billets de cette loterie seront rouges — naturellement !…

M. Luzzati nous permettra de lui exposer un projet financier beaucoup plus simple :

  1. Tout bénéfice de guerre, quelle qu’en soit l’origine fera retour à la collectivité ;
  2. Toute famille possédant, en bien meubles ou immeubles ou en valeurs une fortune de plus de 25.000 francs par tête, verra frapper cette fortune d’un impôt global de 15%.

En ajoutant ces deux mesures à la socialisation des mines, chemins de fer et autres grandes entreprises, nul doute que soit, réglée, et, bien réglée, la question financière.

Qu’en pense M. Klotz ?

La Barricade.

Des gens bienveillants, mais mal informés, ont souvent reproché aux prolétaires d’avoir créé cette expression belliqueuse : « Lutte de classe ».

Ces gens, que Lénine épouvante et que Maurras ennuie, ces gens « moyens » liront avec fruit le récit de certaine réunion tenue par des commerçants et des industriels français contre la taxe de luxe.

À cette réunion, le président, un M. Delcros, patron considérable, n’a pas hésité a déclarer :

« Nous voulons organiser une Confédération Generale du Patronat, qui nous permette de Marquer à l’encre rouge les meneurs et les agitateurs des Bourses du Travail et de les renvoyer impitoyablement. »

Sans commentaires, n’est-ce pas ?…

Joignez à cela la récente fondation de la C.G.A. (Confédération Générale des Agriculteurs), sous les auspices des très nobles messieurs de La Trémoille, Dior, Jonnart, Pallu de La Barrière et consorts, dont le but est d’opposer les prolétaires des champs à ceux des villes : « Divide, ut regnes », et vous constaterez que les camps se forment avec une netteté de plus en plus grande.

Les efforts de la « gauche » sont inutiles pour cela, l’égoïsme féroce de ceux de la « droite » y suffit amplement.

Devant ce résultat certain, un de nos amis épris de ce genre d’esprit cher à notre dictateur, propose d’appeler l’initiateur de la C.G.A. non plus Pattu de la Barrière, mais « Poilu de la Barricade »…