Échos et coups de griffe..

jeudi 30 juillet 2009
par  Moustarde

CE PAUV’ BENOIT

Le Benoît Tiaré de toute la catholicité à croix-de-guerre a rendu — moins benoîtement qu’on ne pense — avec son âme, son tablier à son divin patron…

Avait-il assez d’être toutes ses nuits tiré par les pieds, au son des orgues et des ophicléides martelant la « Danse macabre » ? Mais à qui fera-t-on croire qu’un pape — el papa ! — clabote ainsi sans élégance, comme un gabelou retraité, une marchande des quatre-saisons, d’un sale et vieux catarrhe ? — Pouah ! Mieux : — d’un vil catarrhe matérialiste qui s’obstina à ne point se laisser prendre aux prières requises en hâte et prescrites par le corps médical vaticaneux ?

Dieu le Père — mes enfants ! — limoge ses fastueux Korrigans de façon plus digne, plus décemment :

Un grand sorcier de « la Sainte Église apostolique et romaine », ça trépasse d’ordinaire cravaté d’une jarretière de couleur tendre — ou le bedon gonflé et tout vert — ou le nombril saint colichemardé, comme ça en douce…

Généralement — Tradition, voyez ! — un pape, c’est occis par les « papabili ! » Doux Jésus…

Benoît XV le fut sans doute — Lui — par les crachats posthumes de 15 millions de ses fils…

CLARTÉ ?

Tromperie sur la marchandise.

CRAPAUD !

Il est de son temps. Le temps de Picabia.

C’est aussi celui des binet-valmériens recruteurs aux étendards trotskystes…

Le citoyen André Gybal — qui depuis peu ne signe plus Alceste… est de son temps, bien de son temps — « avec son temps » comme dit le gros.

C’est pourquoi toutes les bêtasseries néo-pompières des baptistes de la Barbouille, tout ce qui, en art, est le reflet criant de la plus abjecte déchéance du Riche, la preuve irréfragable de la plus lamentable décomposition de la société bourgeoise en la première moitié de ce siècle trouve chez cet ancien faux Alceste un secourable et inestimable choix de poncifs : los et dithyrambes interchangeables !

Il est donc normal que sacrant beauté ce que Flaubert appelait aussi de la m…, Gybal soit devenu le fervent zélateur des politiques du caporalisme intégral… en bavant sur les chausses de Romain Rolland.

V’LA LE PLAISIR, MESDAMES !

Au théâtre Sarah-Bernhardt. Le rideau descend lentement sur une fin d’acte de « la gloire ». Les applaudissements crépitent. Les mains des femmes battent, battent : Entr’acte, et projection lumineuse ; on lit sur l’écran : Landru est condamné à la peine de mort. Les mains des femmes battent, battent !… Elles battirent longtemps. Des rires grincèrent dans une salve de bravos !

Ce soir-là, le succès de l’Homme Rouge des assises de Versailles — M. l’avocat général Godefroy — fit pâlir celui de Maurice Rostand… Les gorges nues buvaient du sang. Et la putasserie patentée des fauteuils de balcon se remit à feindre de se régaler d’art — avec du rouge, un peu plus de rouge aux lèvres…

L’avocat général Godefroy est une manière d’artiste. D’ailleurs, il présidait, en province avant la « Valse bleu-horizon », une société de l’art…

— Non, l’ami, erreur :

… Pas de l’art de tuer les pauvres, les malades ou les révoltés — ou bien encore les avocats généraux manqués n’ayant eu cure d’inscription à la Fac’ de Droit, — mais de l’art tout court, la Société de l’art à l’école ! Deibler en était sans doute, à titre de membre bienfaiteur.

Lui aussi, Monsieur de Paris, va se délecter… Police, Presse, artisans de « l’affaire Landru » pour le compte du gouvernement qui les paye et les douze brutes innommables, complices de l’Homme-Rouge, héritier de la méthode Mornet ; Presse, Police, enjuponnés de prétoire et de sacristie vont jazzbander autour du couperet, vestige unique des « nobles conquêtes républicaines » — V’là le plaisir, Mesdames ! — car la Cour de Cassation a rejeté le pourvoi de Landru.

FAIS VOIR TON SCEPTRE !

Il y a du pendu cet hiver, à Paris.

La Faim. — complice du Froids — cogne le gong du désespoir aux tempes des Sans-le-sou, des Ventres-creux.

Et la lune, ici et là, en la nuit sibérienne, regarde se balancer nu pendu maigre dans les galetas…

O électeurs !

O peuple souverain !

Avant que d’aller faire voguer ta tripe vide, démocratique et racornie sous la panse des péniches, — avant que d’allumer le réchaud étouffeur du lamento de tes petits, lis-moi — souverain quinquagénaire ! — lis-moi, étalée dans tous les journaux, cette nouvelle qui, en d’autres temps moins cyniques, eût soulevé les pavés de l’émeute… Lis-moi ça — et fais voir ton sceptre !

« … Il restait hier aux Halles, dimanche 12 février, à l’issue du marché, 59.000 kilos de poissons. Il en a été déposé 5.900 kilos au frigorifique. »

Et le reste — soit 53.200 kilos ! — à l’égout.

SANS IMPORTANCE

Libre à M. Paul Brulat — homme libre : puisque de la « tribune libre pour tous les hommes libres », de disserter sur la liberté en… liberticide…

Ce pauvre M. Paul Brulat — oh ! la gangue, la gangue !… — vient tout bénévolement, aujourd’hui 5 février (voir le J. du P.), de se mettre sur les rangs, de ces poux-de-lettres — agrippés aux flancs gras de la démagogie social-démocrate auxquels s’applique comme sur mesure, ce mot de Proudhon : « l’art du style leur tient lieu de raison et moralité. »

Eh ! oui.

Cependant que…

« … Par les airs sidéraux monte, en plein ciel, droite comme un héros, la claire Tour qui sur les flots domine », dans le Landernau des lettres-fraction « d’avant-garde », entre le tas de fumier et la fosse à purin :

— Ça brait… ça glougoute…

Et ça n’a pas d’importance.

Moustarde