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L’ère nouvelle n°4 (août 1901)
Iniquités sociales
Article mis en ligne le 29 mars 2008
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Un côté du tableau : Dîners de richards2

Le
soir du Grand Prix, raconte le Figaro, un dîner de onze
couverts fut offert par un joueur heureux à ses amis ;
l’addition se monta à 5.000 francs. Ce n’est pas exagéré,
disait le garçon ; il y a eu des vins de 50 francs et 100
francs la bouteille.

Dans
les restaurants à la mode, les repas à 100 francs et
150 francs par tête sont fréquents. Il y a quelques
années, le roi Milan offrit un dîner a 1.200 francs par
tête.

Après
ces orgies, les convives ont coutume de briser la vaisselle et le
cristal. C’est leur exercice pour la digestion.

« Nous
avons, déclare un maître d’hôtel d’un restaurant à
la mode, 30.000 frcs. de casse par an, au moins, et de casse impayée.
La casse payée, c’est autre chose. L’autre hiver, un client
américain jeta dans la cheminée tout le mobilier du
salon où il mangeait, et tout le service de la table. Il cassa
les glaces, éventra les canapés, brisa les chaises et
brûla tout. C’est son plaisir. Qu’y faire ? Ce fut un souper qui
coûta un peu cher… Plusieurs billets de 1.000 francs. »

Du Temps : La fête des Grâces2

Une
fête vient d’être donnée au Polo de Bagatelle par
des gens du monde. Le programme en est original. Il se composait,
sous le titre de « fête des grâces », de jeux
variés auxquels jusqu’à ce jour, on n’avait pas pris
l’habitude de se livrer.

La
fête a commencé par la « course du nœud de
cravate ». Chacun des concurrents devait rejoindre, au galop de
son cheval, la femme choisie par lui à l’avance, sauter de
selle, abandonner le poney à un groom, se faire nouer la
cravate par la femme debout sur la pelouse, puis remonter à
cheval et courir au but.

Puis
est venue la « course à la pomme ». Quatre cuvettes
pleines d"eau avec une pomme flottante. Le cavalier arrive au
galop, saute à terre, s’agenouille et s’applique à
saisir la pomme avec ses dents — quelquefois, le nez plonge. — Il
remonte à cheval, gardant sa pomme dans la bouche, et « vole »
vers le but.

Il
y a encore une « course d’animaux » sous la direction de
plusieurs jeunes et jolies femmes : la comtesse G. de Sesmaisons et
Mme de Guiroye menaient un cochon d’Inde ; Mme Louis de Biré,
un cochon de lait ; la comtesse de Ganay, un singe mâle ; la
baronne de Berckeim, une tortue ; Mme Lejeune, un lapin noir de
Russie ; la duchesse de Noailles, un faisan doré ; Mme de
Yturbe, un singe femelle. Les animaux étaient handicapés.

Le
starter dogme le signal. Tous les animaux partent en courant. Chacune
des jeunes femmes est auprès de sa bête, qu’elle dirige
avec une baguette vers le poteau. Le singe de Mme Yturbe est arrivé
premier, suivi de près par la tortue de la baronne de
Berckeim.

L’autre côté : Drame de la misère2

Une
jeune femme, couverte de haillons et portant un bébé
dans ses bras, s’affaissait subitement sur le trottoir, dans la nuit
du 26 juillet vers onze heures, devant le numéro 18 de la rue
de Dunkerque, à Paris, puis elle s’évanouit.

Transportée
au poste voisin par des agents, la pauvre femme a déclaré
se nommer Jeanne Pinchenat, âgée de vingt-quatre ans, à
Limoges, demeurant en garni.

Elle
a ajouté qu’elle cherchait de l’ouvrage depuis une semaine, et
qu’elle et son enfant n’avaient pris aucune nourriture depuis deux
jours.

On
présenta des aliments à ces malheureux, mais ni la
femme ni l’enfant ne purent avaler aucun aliment, tant leur faiblesse
était extrême.

Les
agents n’eurent que la ressource de les conduire à l’hôpital
Lariboisière.

Les suites d’un krach2

Berlin,
27 juillet.

Le
Journal de Nuremberg signale les désastreux effes de la
crise financière sur l’industrie de Franconie. Les fabriques
renvoient en masse les ouvriers et la misère règne déjà
dans de nombreuses familles. Chaque jour des flottilles d’ouvriers
sont saisies et expulsées de leurs logements dont elles ne
peuvent pas payer le loyer.

Le
tribunal de Kœnigsberg a condamné à trois mois de
prison une femme qui, pendant la maladie de son mari, journalier,
avait ramassé du bois mort. Le garde forestier a déclaré
que le bois avait une valeur de deux pfennigs, (fr. 0,02 ½).


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