Témoins n°30 (été 1962)
La poésie
Gilbert Trolliet, Prends garde au jour, Présence, Genève.
Article mis en ligne le 10 mars 2008

par Samson (Jean-Paul)

 

Etrange
monade, dirais-je, que ce récent recueil de Gilbert Trolliet.
A de rares exceptions près, dont deux textes déjà
publiés ici-même, j’ai, l’avouerai-je, quelque mal à
en deviner l’intention, les silences — et les mots n’y sont pas
ce qui s’y tait le moins. Trolliet, au demeurant, définit à
merveille cette phase qui est actuellement sienne :

La poésie n’est plus
Chant du large
Réponse.
 
Mais
Répons
De l’abîme.

Pour
le reste, un pick-up assourdi, ténu au possible. Sorte de
haï-kaïs abstraits, qui se dérobent, se refusent.
Curieux : en les feuilletant, il m’est très involontairement
venu ce quatrain :

Prends garde au jour tout de bise et de feu.
Point n’est besoin de chanter pour s’entendre ;
Mais puissions-nous consentir : à tout prendre
L’oreille voit quand elle entend si peu.

S.